Quand on l'avait découvert et rencontré il y a déjà cinq ans maintenant, Harm Pauwels, 19 piges au compteur, portait déjà la moustache. Il était en formation d'architecte paysagiste et de jardins, avait une poignée de chansons sous le bras et jouait dans la cour de White Fence, Thee Oh Sees et Ty Segall. Dans un monde de la musique en constante effervescence où les stakhanovistes sont nombreux et où la quantité prime trop souvent sur la qualité, le Flandrien a eu raison de prendre son temps, de chercher sa voie, de trouver son chemin. " J'avais sans doute peur quelque part. Un premie...

Quand on l'avait découvert et rencontré il y a déjà cinq ans maintenant, Harm Pauwels, 19 piges au compteur, portait déjà la moustache. Il était en formation d'architecte paysagiste et de jardins, avait une poignée de chansons sous le bras et jouait dans la cour de White Fence, Thee Oh Sees et Ty Segall. Dans un monde de la musique en constante effervescence où les stakhanovistes sont nombreux et où la quantité prime trop souvent sur la qualité, le Flandrien a eu raison de prendre son temps, de chercher sa voie, de trouver son chemin. " J'avais sans doute peur quelque part. Un premier album, c'est un moment important pour un musicien. J'ai peut-être essayé de l'éviter. De repousser l'échéance." Welcome Home, le premier album de Leopard Skull, redéfinit les contours d'un univers désormais très pop qui roule des gros patins au psychédélisme. Une espèce de petit frère au remarquable Hard Fun Grand Design de Bed Rugs. Comme les Anversois, avec lesquels il partage une véritable curiosité mélomane, Pauwels brasse une foultitude d'influences. Il y a ici du Beatles, du Beach Boys, du Syd Barrett, du Foxygen, du Flaming Lips, du Forever Pavot, du Lemon Twigs. Mais aussi du John Cale, du Todd Rundgren, de la pop du début des années 70... C'est Charles-Antoine Vanderborght, le batteur des revenants Mountain Bike, qui a mis Pauwels sur la voie en lui suggérant d'écouter Here Come The Warm Jets. Le premier album solo de Brian Eno. " Il m'a fait comprendre que je ne devais pas me focaliser sur quoi que ce soit. Que je pouvais laisser libre cours à mes envies." House chope en cours de route un petit côté Dandy Warhols et des airs de Tim Presley. People I Don't Know renvoie à... Oasis. Au petit jeu des comparaisons, Leopard Skull fait tellement surgir de références qu'elles résument sa singularité. À la fois mélancolique et lumineux, Welcome Home parle de troubles mentaux, d'insomnies et de paranoïa. Mais aussi des maux de notre société. Odyssée pop bricolée à la maison avec ses talents de multi-instrumentiste et l'aide de quelques amis (Charles-Antoine Vanderborght, Ebert Dhuyvetters et Mathias Stal), il s'inscrit en tout cas au panthéon du psychédélisme made in Belgium. Grâce à des petits bijoux comme 7 Nights at the Weak, Breakfast, I Want To Go ou My Thoughts. Et de géniales incongruités tels que Big Leaf ou Birthday Cake... " Selon moi, le psychédélisme en 2019, ce sont des gens qui expérimentent avec des instruments pour essayer de donner vie à leurs pensées. Je suis fort attaché aux mélodies mais je ne me prive pas d'utiliser des sons bizarres. J'ai d'ailleurs convié au disque ceux de ma ville. La musique psychédélique est souvent fabriquée par des weirdos. Je ne sais pas encore si j'en suis un..."