"Bien sûr, les femmes doivent gagner moins que les hommes. Elles sont plus faibles. Elles sont plus petites. Elles sont moins intelligentes. Elles doivent gagner moins. C'est tout." Bienvenue dans l'Âge de pierre. Et bienvenue aussi à la tribune du Parlement européen. Ces mots sont du député polonai...

"Bien sûr, les femmes doivent gagner moins que les hommes. Elles sont plus faibles. Elles sont plus petites. Elles sont moins intelligentes. Elles doivent gagner moins. C'est tout." Bienvenue dans l'Âge de pierre. Et bienvenue aussi à la tribune du Parlement européen. Ces mots sont du député polonais Janusz Korwin-Mikke et datent seulement du 1er mars dernier. Le flippant bonhomme a été suspendu pendant dix jours, privé d'un mois d'indemnités et ne peut représenter l'institution pendant un an. En attendant, l'histoire en dit long sur une époque où parité, mixité et égalité professionnelles sont encore de gros mots. "On est en train de demander aux hommes qui sont logés depuis toujours sur la plus haute branche du plus grand arbre de la forêt, qui ont la plus belle vue sur la savane, de soit couper la branche, soit la partager", explique un psychologue. Le changement ne se fera pas sans mal. Il existe pourtant une forte corrélation entre la présence d'une femme dans le top management d'une entreprise et ses bénéfices financiers. Ce passionnant documentaire de Martin Meissonnier (Le Bonheur au travail) interroge Stephanie Shirley, une Anglaise qui a lancé son entreprise informatique dans les années 60 (elle se faisait appeler Steve et a inventé le télétravail) et a engagé des femmes diplômées alors inemployables parce que mères de famille. Mais aussi la chef d'orchestre Claire Gibault ou encore un père au foyer... La révolution est en marche.