C'était il y a de cela 2 ans et demi et, pour sa livraison initiale, Focus titrait: "La 3D décolle". L'objet de cet élan? Fly Me to the Moon, le premier long métrage du cinéaste belge Ben Stassen, film d'animation réalisé 100 % en relief, et exploité comme tel. Boostée par l'incroyable succès d' Avatar, la 3D a depuis envahi les écrans, avec un inégal bonheur d'ailleurs . Quant à Stassen, il a poursuivi son petit bonhomme de chemin pour réaliser aujourd'hui avec nWave Pictures, sa société de production, Le Voyage extraordinaire de Samy (critique en page 26).
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C'était il y a de cela 2 ans et demi et, pour sa livraison initiale, Focus titrait: "La 3D décolle". L'objet de cet élan? Fly Me to the Moon, le premier long métrage du cinéaste belge Ben Stassen, film d'animation réalisé 100 % en relief, et exploité comme tel. Boostée par l'incroyable succès d' Avatar, la 3D a depuis envahi les écrans, avec un inégal bonheur d'ailleurs . Quant à Stassen, il a poursuivi son petit bonhomme de chemin pour réaliser aujourd'hui avec nWave Pictures, sa société de production, Le Voyage extraordinaire de Samy (critique en page 26). S'il s'inscrit dans la lignée de son prédécesseur, ce nouveau long métrage en relief en déplace l'action de l'espace aux fonds marins, théâtre de l'odyssée de Samy, une petite tortue affrontant moult dangers au gré d'un voyage au long cours -le film devait initialement s'intituler Le Tour du monde en 50 ans. "L'idée m'en est venue il y a quelques années, alors que je séjournais au Mexique avec mon fils, explique le réalisateur. Nous avons vu un attroupement sur la plage: le personnel de l'hôtel transportait une couvée de tortues en train d'éclore. Comme toutes les tortues, une femelle était revenue, 30 ans après, pondre sur sa plage de naissance. L'hôtel avait été construit entre-temps, et les petits rencontraient des obstacles infranchissables dans leur marche vers la mer. Pendant qu'ils les y acheminaient, les employés nous ont expliqué la vie de ces tortues qui, une fois à l'eau, flottent pendant les 10 premières années de leur vie à la surface des océans, en s'accrochant à des algues, certaines d'entre elles parcourant des distances incroyables. Je suis parti de cette histoire extraordinaire. En plus, l'océan était un environnement génial pour le relief."Pionnier de la 3D -avant Fly Me to the Moon, il avait de nombreux films en Imax 3D derrière lui-, Stassen est en en effet un adepte déclaré de... l'immersion, plutôt que du jaillissement - "Le relief, pour moi, est avant tout une question de positionnement du spectateur: on essaye de faire oublier qu'il y a un cadre au bord de l'image pour le transporter au c£ur même de la scène." Quitte à se colleter, dans le cas présent, avec un environnement délicat à maîtriser: "C'est ce qu'il y a de plus dur, sourit-il a posteriori. Les environnements et les matières organiques, il n'y a rien de plus dur à traiter en images de synthèse. C'était presque trop avec les moyens et l'équipe qu'on avait." Autant dire que les 95 personnes employées chez nWave ont dû mettre les bouchées doubles afin de mener le projet à son terme. Charmant, le résultat est aussi concluant, et soutient la comparaison avec des productions disposant de moyens humains et financiers largement plus étoffés. S'y déploie, dans des décors réalistes - "cela a toujours été notre marque de fabrique" - une sensibilité toute personnelle, entre souci de toucher un public familial - "mon esthétique et mes préférences personnelles vont vers les classiques Disney comme Bambi"- et message écologique toujours bienvenu: "J'ai une éthique au niveau créatif, sans vouloir pour autant partir en croisade." Sensible aux enjeux planétaires, Stassen n'est pas moins lucide quant aux développements récents et à venir de la 3D. "Sur base de ce qui se passe pour l'instant dans le cinéma, je parlerais de futur incertain, ce n'est pas encore assez concluant. La plupart des films produits pour l'heure aux Etats-Unis le sont en 2D 1/2, ils ne sont pas pensés en relief. Le seul réalisateur américain qui a vraiment conçu son film en relief, c'est Robert Zemeckis, avec A Christmas Carol. Avatar reste un tournant, parce que pour la plupart des gens, il s'agit de leur première expérience de la 3D, mais on ne peut pas dire que le relief y ait été utilisé de façon révolutionnaire. Or, pour moi, le relief doit être révolutionnaire, et amener un nouveau langage, sinon, le cinéma en 2D fonctionne. (...) Maintenant, je crois aussi que le relief va s'incruster pour la simple raison qu'il y a un élan industriel considérable, on ne fera plus marche arrière." Et le réalisateur de s'atteler à la suite des aventures de Samy. En relief, cela va sans dire... encontre Jean-François Pluijgers