On ne présente plus Serge Toubiana, actuel président d'Unifrance, après avoir été critique et rédacteur en chef aux Cahiers du cinéma, puis directeur de la Cinémathèque française de 2003 à 2015. Le présent recueil réunit une vingtaine de textes postérieurs à son activité critique: conférences, hommages à des disparus, notices acc...

On ne présente plus Serge Toubiana, actuel président d'Unifrance, après avoir été critique et rédacteur en chef aux Cahiers du cinéma, puis directeur de la Cinémathèque française de 2003 à 2015. Le présent recueil réunit une vingtaine de textes postérieurs à son activité critique: conférences, hommages à des disparus, notices accompagnant des rétrospectives et des expositions, préfaces... écrits pour la plupart dans les années 2000, et formant "un ensemble animé d'un même sentiment et d'un même état d'esprit: des exercices d'admiration à l'égard de cinéastes et d'artistes qui ont nourri mon amour du cinéma." C'est peu dire que l'on pioche avec bonheur dans ces pages où Jean-Pierre Melville succède à Jean Renoir; Maurice Pialat (envisagé sous l'angle de sa non-rencontre avec la Nouvelle Vague) à Benoît Jacquot; Catherine Deneuve - "si j'aime le cinéma, si nous aimons le cinéma, c'est grâce à vous"- à Bulle Ogier; Marco Ferreri à Georges Simenon, dont Serge Toubiana observe que "bien qu'il n'ait jamais réalisé aucun film, Simenon a toujours été au fond un cinéaste de l'âme humaine". Qu'il navigue encore avec brio dans l'oeuvre de François Truffaut (dont il fut le biographe) ou qu'il parcoure avec rigueur la filmographie de Nanni Moretti, l'auteur a l'érudition contagieuse, et ce volume constitue une invitation difficilement résistible à se replonger dans leurs films. À quoi il a le bon goût, puisqu'il n'est à l'évidence pas l'homme d'une passion exclusive, d'ajouter un chapitre consacré aux relations entre deux disciplines n'ayant "jamais fait bon ménage": football et cinéma...