"Tout était fait pour nous laver le cerveau. On volait. On réquisitionnait. On frappait les gens. (...) Les Juifs, je les ai braqués. Dépouillés de tout ce qu'ils avaient. Les femmes pleuraient. "Pitié, ne me l'enlevez pas." Aucune compassion. On était une bande de salauds. Rien d...

"Tout était fait pour nous laver le cerveau. On volait. On réquisitionnait. On frappait les gens. (...) Les Juifs, je les ai braqués. Dépouillés de tout ce qu'ils avaient. Les femmes pleuraient. "Pitié, ne me l'enlevez pas." Aucune compassion. On était une bande de salauds. Rien de plus. C'est ce qu'ils avaient fait de nous."Délaissé par ses parents, élevé dès l'âge de six ans à l'Hospice des pauvres où l'on priait pour Dieu et le Duce et participait à des marches en uniformes de petits fascistes, Piero Bonamico avait à peine quinze ans quand il a intégré en 1944 les Résolus, l'une des milices fascistes les plus actives d'Italie. Les chansons qui n'apprenaient qu'à être agressifs. Les passages à tabac pour tous ceux qui ne les accueillaient pas du salut adéquat. Les perquisitions -disons plutôt les pillages- des maisons de Juifs dans la banlieue de Gênes... Giovanni Donfrancesco recueille en anglais et en italien les souvenirs de l'octogénaire aujourd'hui installé avec son épouse dans le Vermont. Piero fredonne une chanson pro-Mussolini au volant de sa voiture dans les bois, se rappelle des discours du Duce diffusés par des haut-parleurs avec sa voix tonitruante. Puis l'apprentissage de la violence physique, la première ressource quand on n'a rien. Un film qui capte le mal-être d'un ancien bourreau et les souvenirs qu'il ne pourra jamais oublier.