L'expression "famille de cinéma" prend tout son sens avec Alain Resnais, un réalisateur qui n'aime rien tant que s'entourer d'acteurs complices. Si quelques nouveaux venus se sont glissés dans la distribution de Vous n'avez encore rien vu, au rang desquels Hippolyte Girardot et Denis Podalydès, on retrouve au générique pas moins de onze comédiens qui avaient déjà travaillé avec le cinéaste. Sans do...

L'expression "famille de cinéma" prend tout son sens avec Alain Resnais, un réalisateur qui n'aime rien tant que s'entourer d'acteurs complices. Si quelques nouveaux venus se sont glissés dans la distribution de Vous n'avez encore rien vu, au rang desquels Hippolyte Girardot et Denis Podalydès, on retrouve au générique pas moins de onze comédiens qui avaient déjà travaillé avec le cinéaste. Sans doute n'était-ce, pour certains d'entre eux, qu'un lointain souvenir, lié à une expérience unique: ainsi de Michel Piccoli et Gérard Lartigau, déjà de La guerre est finie, en 1966, là où Anny Duperey donnait pour sa part la réplique à Jean-Paul Belmondo dans Stavisky, en 1974. D'autres, par contre, campent des habitués du cinéma de Resnais, à l'instar, bien sûr, d'un Pierre Arditi qui, depuis leur rencontre, sur Mon oncle d'Amérique en 1980, est pratiquement de tous ses films, leur collaboration ne souffrant que deux exceptions, I Want to go Home et Les herbes folles. De même pour Sabine Azéma, entrée dans la famille Resnais quelques années plus tard (en même temps qu'André Dussollier, à qui Resnais fait, cette fois, une rare infidélité), avec La vie est un roman (1983), pour ne plus la quitter -elle est par ailleurs la compagne du cinéaste à la ville. La troupe s'élargit dans les années 90 avec On connaît la chanson, moment où elle accueille notamment Jean-Chrétien Sibertin-Blanc, de retour quinze ans plus tard dans l'univers du réalisateur, et Lambert Wilson, qui fut entre-temps des aventures Pas sur la bouche et C£urs -l'occasion, pour Michel Vuillermoz, de rejoindre à son tour la compagnie. Enfin, Les Herbes folles, en 2009, voient Jean-Noël Brouté intégrer le clan Resnais, qui s'ouvre par ailleurs à une autre famille du cinéma français, celle formée autour d'Arnaud Desplechin et qu'incarnent, pour le coup, Anne Consigny et, bien sûr, Mathieu Amalric. C'est dire si le petit théâtre d'Alain Resnais, tel qu'il se déploie dans Vous n'avez encore rien vu, est peuplé de visages familiers. Mais si l'on croit connaître la chanson, on n'a pourtant encore rien vu... J.F. PL.