Imaginé dès la fin de la guerre de Sécession, le projet d'un lieu rendant hommage au rôle des Afro-Américains dans l'Histoire des État-Unis a traîné pendant plus d'un siècle, rejeté comme une patate chaude d'une législatur...

Imaginé dès la fin de la guerre de Sécession, le projet d'un lieu rendant hommage au rôle des Afro-Américains dans l'Histoire des État-Unis a traîné pendant plus d'un siècle, rejeté comme une patate chaude d'une législature à l'autre, d'un président à l'autre. Finalement inauguré par Barack Obama en 2016, le Musée national de l'Histoire et de la culture afro-américaines a vu affluer le même jour des dizaines de milliers de visiteurs vers le coeur de Washington. Là où a été érigé ce vaisseau de bronze conçu par l'architecte ghanéen David Adjaye. Consciencieusement mais sans relief, Oliver Hardt donne la parole aux acteurs de ce lieu -historiens, activistes, membres du personnel- dont l'ADN est une claque monumentale: 45 000 objets (la cale d'un navire négrier, le cercueil d'Emmet Till, ado du Mississippi lynché en 1955...) montrent, de l'esclavage aux droits civils, de la ségrégation aux réalisations culturelles, scientifiques, politiques des Afro-Américains, que lorsqu'un pays veut faire son autocritique post-coloniale, il peut y mettre les fonds et les formes.