C'est encore Tony Visconti, l'un de ses producteurs fétiches, qui aura eu le mot le plus juste à propos du décès de David Bowie, disparu le 10 janvier dernier: "Sa mort ne fut pas différente de sa vie: une véritable oeuvre d'art." Deux jours après avoir sorti un ultime album, Blackstar, David Bowie a donc tiré sa révérence, définitivement. On lira par ailleurs, dans Le Vif, un long portrait de celui qui fut l'un des plus grands artistes de la musique pop. Un musicien à la fois unique et multiple, populaire et expérimental, dont l'influence ne s'est jamais démentie. Même en se faisant plus discret à partir de la moitié des années 2000 (pour revenir sur le devant de la scène il y a trois ans), Bowie n'a cessé de hanter et d'infuser la culture pop. En voici cinq exemples récents.
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C'est encore Tony Visconti, l'un de ses producteurs fétiches, qui aura eu le mot le plus juste à propos du décès de David Bowie, disparu le 10 janvier dernier: "Sa mort ne fut pas différente de sa vie: une véritable oeuvre d'art." Deux jours après avoir sorti un ultime album, Blackstar, David Bowie a donc tiré sa révérence, définitivement. On lira par ailleurs, dans Le Vif, un long portrait de celui qui fut l'un des plus grands artistes de la musique pop. Un musicien à la fois unique et multiple, populaire et expérimental, dont l'influence ne s'est jamais démentie. Même en se faisant plus discret à partir de la moitié des années 2000 (pour revenir sur le devant de la scène il y a trois ans), Bowie n'a cessé de hanter et d'infuser la culture pop. En voici cinq exemples récents. En 2011, les frères Dewaele se lancent dans une mission dantesque: réaliser 24 mixes de 60 minutes, en piochant dans leur discothèque géante. A chaque heure, son thème. Et à chaque heure, son moyen métrage, diffusé, gratuitement, sur le Net. L'un des 24 épisodes est ainsi consacré uniquement à l'oeuvre de Bowie, "hommage à l'homme dont la capacité à changer tout en restant lui-même a exercé sur nous une influence majeure". Toujours visible sur vimeo.com, RSWX presents Dave enchaîne tous les classiques du maître dans un seul souffle. Réalisé par Wim Reygaert, le film est lui-même un véritable tour de force, proposant la top model Hannelore Knuts dans le rôle de Bowie. A propos de son ultime album, Bowie avait expliqué avoir été notamment influencé par le dernier disque du rappeur Kendrick Lamar, To Pimp a Butterfly. Mais l'inverse est certainement aussi vrai. En général, l'impact de Bowie sur le monde du hip hop, genre devenu désormais dominant, n'est plus à démontrer. Régulièrement samplé -d'Under Pressure (repiqué par Vanilla Ice) à Let's Dance (P Diddy) ou Fame (Public Enemy)-, Bowie fut aussi l'un des rares "rockeurs" à avoir été invités sur le plateau de la mythique émission Soul Train. Lundi, lors de l'annonce de sa disparition, les réactions se sont rapidement multipliées. Sans surprise, l'un des plus prompts à réagir n'était autre que... Kanye West, l'un des derniers à pouvoir éventuellement convoquer le même genre de charisme: "David Bowie fut l'une de mes plus importantes inspirations, (artiste) tellement intrépide, tellement créatif. Il nous a donné de la magie pour une vie entière."Le musicien a régulièrement frayé avec le cinéma -de Furyo à The Man Who Fell to Earth, capable de jouer aussi bien le rôle de Ponce Pilate que celui d'Andy Warhol. D'un autre côté, la personnalité même de Bowie a pu fasciner les acteurs, comme Tilda Swinton. L'actrice a ainsi avoué s'être inspirée du chanteur pour le personnage de Marianne Lane, qu'elle incarne dans A Bigger Splash, remake de La Piscine de Jacques Deray, à voir prochainement dans les salles. Le rapprochement n'est pas complètement étonnant. Dans le clip de The Stars (Are Out Tonight), en 2013, elle jouait déjà la femme de Bowie. Dans ses multiples shootings mode, elle a également régulièrement distillé les références esthétiques aux différents looks de la star. Lors de l'inauguration de la grande expo à Londres, au Victoria & Albert Museum, elle avait pu également prononcer un discours remarqué, expliquant à quel point il était aujourd'hui "clair, indéniable même, que le Freak est devenu le grand unificateur", "le cousin préféré de tous les aliens". En 2013, alors que tout indique une retraite anticipée, Bowie sort un nouvel album sans préavis, le jour de son 66e anniversaire. Après une décennie de silence discographique, The Next Day déboule du jour au lendemain dans les bacs. Il faut se rappeler l'onde de choc. Dans une industrie discographique qui s'adapte péniblement à la nouvelle donne digitale, où le buzz semble être la seule arme de séduction capable de titiller les "consommateurs", Bowie réussit là un coup de maître. On pensait notamment que le Net avait brisé toute notion de secret ou d'exclusivité. Qu'il poussait même les artistes à se dévoiler pour occuper l'espace. Au lieu de ça, Bowie réussira à cacher l'arrivée de The Next Day à quasi tout le monde (y compris au sein même de sa maison de disques). Certains retiendront la leçon. De My Bloody Valentine à Beyoncé, en passant par Drake ou même U2, tous essayeront de jouer la surprise au moment de sortir leur nouvel album. Qu'y a-t-il de plus casse-gueule et vain que d'écrire sur la musique? Réponse: monter une exposition sur la musique. A cet égard, il fallait bien un sujet comme Bowie pour relever le défi. Inaugurée au printemps 2013, à Londres, l'exposition David Bowie Is a récolté un énorme succès, bourlinguant un peu partout, de Paris à Chicago, en passant par São Paulo, Berlin (elle est encore visible actuellement à Groningen, aux Pays-Bas)... En outre, le triomphe public s'est accompagné d'une reconnaissance unanime de la critique. Le parcours proposé est en effet épatant, ébouriffant même, tant il réussit à condenser les 1001 vies artistiques de Bowie, démontrant comment chaque facette -musicale, visuelle, scénique...- de la star a pu nourrir les autres. On appelle ça une oeuvre... TEXTE Laurent Hoebrechts