Dans le commerce des armes, on ne parle jamais d'armes, mais bien de " technologies de défense à haut potentiel d'export". La mort aussi est effacée: elle est devenue un " taux de létalité renforcé". Autant de termes marketing et faux-cul qui en disent long sur les intérêts en jeu dans le commerce des armes qu'on vend ici, et qu...

Dans le commerce des armes, on ne parle jamais d'armes, mais bien de " technologies de défense à haut potentiel d'export". La mort aussi est effacée: elle est devenue un " taux de létalité renforcé". Autant de termes marketing et faux-cul qui en disent long sur les intérêts en jeu dans le commerce des armes qu'on vend ici, et qui tuent là-bas. Un commerce en très grande partie légal, mais opaque, et qui génère 328 milliards de chiffres d'affaires par an, en même temps que des millions de victimes. Un sujet lourd, dense et complexe que le GRIP (Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix) ausculte et tente de disséquer depuis 40 ans, en oeuvrant au quotidien pour la prévention des conflits et la maîtrise des armements. Un combat contre les combats qui passe le plus souvent par des rapports aussi indigestes qu'une balle de calibre 45. C'est dire si l'initiative de cette BD produite par le GRIP, scénarisée par l'un de ses porte-paroles et surtout mise en dessin par le Liégeois Philippe Sadzot, aka Fifi, était la bienvenue; si le sujet reste lourd, dense et complexe, il prend la forme d'un récit fluide où le jeu texte-image est à chaque fois renouvelé. C'était un sacré défi de faire du commerce des armes un ouvrage agréable à lire, encore plus de le rendre parfois drôle -comme lors de cette visite hallucinante du salon Eurosatory et de ses " démonstrations dynamiques". L'album est disponible auprès du GRIP et en ligne. Et il est hautement recommandable, qu'on aime ou pas les " technologies de défense à haut potentiel d'export".