Après le western, voici un autre genre disparu remis à l'honneur: le péplum. Époque oblige, c'est à travers les femmes que ce retour en grâce s'opère. Les amateurs de muscles saillants et de gueules carrées y trouveront également leur compte, puisque l'histoire se déroule durant la guerre de Troie, non loin de la cité. Les Grecs qui assiègent la ville commencent à s'emmerder ferme:...

Après le western, voici un autre genre disparu remis à l'honneur: le péplum. Époque oblige, c'est à travers les femmes que ce retour en grâce s'opère. Les amateurs de muscles saillants et de gueules carrées y trouveront également leur compte, puisque l'histoire se déroule durant la guerre de Troie, non loin de la cité. Les Grecs qui assiègent la ville commencent à s'emmerder ferme: le siège d'une cité n'est pas ce qu'il y a de plus folichon. Mais voilà qu'apparaissent au loin des femmes, et une chasse à la donzelle commence. Celles-ci entraînent dans la forêt les mâles en rut qui ne s'aperçoivent pas qu'un piège se referme sur eux. Ils seront bientôt exécutés après avoir servi d'esclaves sexuels durant une fête orgiaque, histoire de perpétuer la descendance... féminine. Le doute sur ces pratiques commence à s'insinuer dans l'esprit de la plus féroce des guerrières, lorsqu'elle pense tomber amoureuse d'un Grec qu'elle est sur le point d'occire et se confirme avec le refus de sacrifier son nouveau-né mâle... Christian Rossi, à qui l'on doit, avec Serge Le Tendre, les plus belles sagas mythologiques, est un grand dessinateur. Il mélange plusieurs techniques de dessin -plume et lavis- qui apportent une luminosité et une profondeur extraordinaires aux paysages. Pour ce qui est des personnages, notons que la parité hommes/femmes tout nus est respectée. Par contre, les coiffures des hommes, dignes des plus beaux métaleux suédois eighties, et certaines illustrations façon manuel scolaire de notre jeunesse figent par moments l'action. Le scénario tisse une trame classique et efficace -affrontement entre anciens et modernes. Malheureusement, Géraldine Bindi (pour qui c'est la première incursion en BD) perd le lecteur à cause d'un découpage anarchique. Quelques moments de grâce raviront malgré tout les papys boomers nostalgiques.