Les destructions causées par l'ouragan Maria, au cours de l'été 2017, furent les plus dévastatrices qu'ait connues Porto Rico depuis celles occasionnées par San Felipe Segundo en 1928. Au lieu de réagir comme aurait dû le faire tout gouvernement digne de ce nom, celui de Donald Trump (Porto Rico appartient aux États-Unis, même si ses habitants n'y ont pas le droit de vote) choisit de laisser tomber la petite île. À la catastrophe météorologique s'ajouta donc une catastrophe sanitaire et alimentaire -dont les Portoricains finirent par sortir grâce à des individus plus prévoyants que d'autres. Ayant abandonné la monoculture, privilégiant l'énergie solaire au pétrole, ces derniers étaient parvenus à reconstituer des petites oasis de civilisation autour desquelles les laissés-pour-compte étaient venus se greffer, recréant ainsi une organisation collective élémentaire. Mais c'était sans compter avec les autorités politiques en place, dont le projet, appuyé par Washington et les grands conglomérats, consistait à profiter du désastre pour brader ce qui pouvait l'être -et transformer l'île en un paradis pour ultra-riches. Invitée par une association locale à témoigner de la lutte de ceux qui entendaient résister au démantèlement des dernières structures de Porto Rico, la grande journaliste canadienne Naomi Klein a tiré de son voyage un reportage cinglant comme la baffe que méritent certains.

De Naomi Klein, éditions Lux, traduit de l'anglais par Julien Besse, 128 pages.

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