Débuts chez Do Not Disturb (propriété de Brian Lee Hugues, cofondateur avec John Dwyer de Castle Face), puis première signature du label Mare Records, subdivision de Woodsist confiée à l'oreille experte de Kevin Morby (on lui doit aussi la découverte d'Anna St. Louis), Shannon Lay est aujourd'hui l'une des protégées de Sub Pop, maison de disques qui accompagna dès la fin des années 80 la glorieuse ascension du mouvement grunge. Le curriculum vitae a de quoi impressionner.
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Débuts chez Do Not Disturb (propriété de Brian Lee Hugues, cofondateur avec John Dwyer de Castle Face), puis première signature du label Mare Records, subdivision de Woodsist confiée à l'oreille experte de Kevin Morby (on lui doit aussi la découverte d'Anna St. Louis), Shannon Lay est aujourd'hui l'une des protégées de Sub Pop, maison de disques qui accompagna dès la fin des années 80 la glorieuse ascension du mouvement grunge. Le curriculum vitae a de quoi impressionner. Cheveux orange, boucle d'oreille dans le nez et bonnet de matelot, la guitariste de Feels aurait sans doute pu trouer ses jeans et user des pulls en laine avec Kurt Cobain dans une autre vie. Mais c'est avec Ty Segall (qui a enregistré et coproduit), des invités comme Mikal Cronin (au saxophone), Nick Murray ou encore Laena Geronimo (violon) qu'elle a fabriqué sa petite merveille de disque. August est un album positif. Optimiste même. Un grand et forcément doux merci à toutes les opportunités que la vie lui a offertes. Mais aussi, elle l'espère, un compagnon de route qui aidera ses auditeurs à traverser les coups durs. Ce troisième album ne s'appelle pas August parce que c'est le mois de sa sortie mais bien parce que c'est le moment de l'année où Lay a décidé d'abandonner son boulot alimentaire pour se consacrer entièrement à la musique. Quand Kevin Morby, encore lui, proposa de l'emmener sur les routes. L'occasion déjà de payer ses deux prochains mois de loyer. C'est durant cette tournée que la singer songwriter a commencé à plancher sur le remarquable album qui voit le jour aujourd'hui. Elle était convaincue que l'inspiration devait venir des recoins sombres de l'existence. Des séparations et autres événements traumatisants. Elle a cette fois puisé dans les moments de bonheur et écrit des chansons qui la rendaient heureuse. Certes, August s'ouvre sur Death Up Close mais il est moins question ici de grand départ que de tuer les vieilles habitudes et les comportements qui compliquent la vie. Shannon chante au sujet de sa belle grand-mère ( Past Time), encourage les gens à s'aimer ( Sunday Sundown), reprend Something On Your Mind de Karen Dalton et dédie une chanson à Nick Drake, November, parce que c'est le mois durant lequel il est mort il y a 45 ans déjà. "I wonder if a voice so quiet could ever really die/That's when I realise it cannot", fredonne-t-elle sur cette chanson que, pour la petite histoire, elle s'en est allée chanter sur la tombe du désarmant Anglais. C'est le genre de réflexion, aussi, qu'inspirent son disque, ses charmes fragiles et bucoliques, tour à tour américains et britanniques. Cet album qui n'est pas sans rappeler Vashti Bunyan et son Just Another Diamond Day. L'être humain a beaucoup plus de pouvoir qu'il l'imagine et Shannon est là pour le lui rappeler.