Actrice à l'indéniable potentiel crispant (en interview surtout...) vue notamment chez Philippe Lioret, Quentin Tarantino, Mike Mills ou Denis Villeneuve, Mélanie Laurent a déjà plusieurs longs métrages en tant que réalisatrice à son actif ( Les Adoptés, Respire, Demain, Plonger...). Trois ans après un très décevant Galveston tourné outre- Atlantique, elle revient en France signer ce Bal des f...

Actrice à l'indéniable potentiel crispant (en interview surtout...) vue notamment chez Philippe Lioret, Quentin Tarantino, Mike Mills ou Denis Villeneuve, Mélanie Laurent a déjà plusieurs longs métrages en tant que réalisatrice à son actif ( Les Adoptés, Respire, Demain, Plonger...). Trois ans après un très décevant Galveston tourné outre- Atlantique, elle revient en France signer ce Bal des folles directement distribué par Amazon sur sa plateforme de vidéo à la demande. Le film, adapté du roman du même nom de Victoria Mas, prix Renaudot des lycéens 2019, a pour cadre l'hôpital de la Salpêtrière à la fin du XIXe siècle. Eugénie (Lou de Laâge), une jeune femme qui voit et entend les esprits, y est internée sous la supervision de l'éminent professeur Charcot, pionnier de la neurologie et de la psychiatrie connu pour ses travaux sur l'hypnose et l'hystérie. Dans ce contexte violemment liberticide, Eugénie croise la route d'une infirmière (Mélanie Laurent) elle-même occupée à regarder passer sa vie sans en tenir les rênes. Leur rencontre va transformer leurs destinées, ainsi que celles des autres femmes qu'abrite la clinique... Comme le roman de Victoria Mas, fille de la chanteuse Jeanne Mas ( En rouge et noir, quelqu'un?), le sixième long métrage de Mélanie Laurent entend stigmatiser le machisme vil et triomphant à travers une lumineuse histoire de sororité. Le réquisitoire est peu subtil et peu nuancé, hélas, voire même assez bêtement manichéen (le personnage de la méchante infirmière incarné par Emmanuelle Bercot). Mise en images par le Belge Nicolas Karakatsanis ( Rundskop), cette adaptation ne s'affranchit jamais tout à fait, en outre, d'un certain académisme, du côté empesé, corseté, propre à nombre de films d'époque. Sentiment renforcé par la partition, envahissante au possible, de l'Israélien Asaf Avidan.