Max Porter fait partie de ces auteurs précieux qui malaxent la langue comme les impressionnistes la couleur. Si les motifs restent perceptibles, c'est du poudroiement de lumière qui les enrobe que jaillissent les émotions. Pour rendre visible l'invisible, l'auteur anglais ne s'appuie pas sur une palette chromatique mais bien sur le pouvoir euphorisant du fantastique, oxygène de récits sondant au plus près nos joies, nos peurs, nos fragilités. Dans un premier roman à combustion lente, La douleur porte un costume de plumes, un corbeau débarquait un soir dans une famille en deuil pour l'aider à chasser à coups de becs et de sentences maléfiques la mort et la détresse.
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