Quelle place pour l'art dans la ville à l'heure actuelle? Vaste débat. Il suffit de jeter un oeil sur les dernières initiatives en la matière pour s'en rendre compte. Ainsi de l'avenue Franklin Roosevelt, à hauteur de l'Université Libre de Bruxelles, qui depuis la mi-janvier affiche un profil différent quand le soir tombe. En lieu et place de l'éclairage habituel, l'artère se découvre sous une lumière magenta rougeâtre, si on l'aborde en voiture, ou magenta violacé, si on y pénètre à pied. On doit cette installation à l'artiste français San Damon. Elle porte le nom de Oniroscopisme dans la ville et a été soutenue par le ministre bruxellois de la Mobilité. Pascal Smet (sp.a) s'est félicité de cette expérience susceptible de "surprendre des Bruxellois et donner à d'autres le sentiment qu'ils peuvent faire de même"(1) -comprendre que tout un chacun ait envie de proposer une oeuvre d'art pour la capitale. De l'envie d'une oeuvre à sa concrétisation, la route serait-elle aussi aisée? Pas si sûr. A lire les commentaires des internautes du quotidien relayant cette information, rien n'est acquis. Entre les "Ils auraient plutôt dû faire ça à la rue d'Aarschot..." et les "Je trouve cela même plutôt dangereux car le soir ces lumières diminuent la visibilité des passages piétons... pas malin", la difficulté de dessiner un consensus surgit. Pourtant, certains citoyens s'en moquent, et n'attendent pas l'accord des politiques ni celui de leurs contemporains pour rendre plus habitable le tissu urbain. Ainsi d'un Frédéric Nicolay, concepteur de bars en vue, à qui l'on doit plusieurs initiatives spontanées -arbre planté, mur transformé pour des projections cinéma, abribus commandé à un designer...- pour aider tout un chacun à se réappr...