Lancée en 2018, la collection Sygne de Gallimard édite les romans de personnalités venues d'autres disciplines, comme la bande dessinée, la poésie ou la littérature jeunesse. C'est cette fois l'illustratrice et autrice jeunesse ( Le Petit Gus, Jan) Claudine Desmarteau qu...

Lancée en 2018, la collection Sygne de Gallimard édite les romans de personnalités venues d'autres disciplines, comme la bande dessinée, la poésie ou la littérature jeunesse. C'est cette fois l'illustratrice et autrice jeunesse ( Le Petit Gus, Jan) Claudine Desmarteau qui nous propose, avec La Vie d'Andrés Mora, une réinterprétation fictionnelle et humoristique de la thématique du double romancier: son personnage principal, Benoît Cardan, est un écrivain au creux de la vague, empêtré entre punaises de lit et femmes de sa vie (son épouse, sa fille), qui tente ici de se réinventer littérairement, claudiquant piteusement sur les traces de Gary/Ajar, sous le pseudonyme exotico-mystérieux d'Andrés Mora. Plutôt dépressif de composition, plus encore en cette mauvaise passe, il envisage même de conclure son coup d'éclat de la plus fatale des manières, en mettant en scène un suicide qui, peut-être, attirera enfin sur lui les projecteurs de l'intérêt public. Si le style de l'autrice comme de son personnage ne taquinent pas même de loin celui du modèle littéraire ici invoqué -" trique", " zique", " branlette" et pléthore de points de suspension illustrant souvent la misère affective de ce pauvre Benoît-, on s'amuse parfois de cet exercice de style sinon édifiant, au moins sympathique.