Si Maps to the Stars semble avoir mis un terme à sa carrière de réalisateur il y a sept ans déjà, David Cronenberg n'en reste pas moins l'un des cinéastes contemporains les plus passionnants, un auteur que son parcours a conduit du cinéma expérimental façon Stereo ou Crimes of the Future aux productions mainstream comme A History of Violence ou A ...

Si Maps to the Stars semble avoir mis un terme à sa carrière de réalisateur il y a sept ans déjà, David Cronenberg n'en reste pas moins l'un des cinéastes contemporains les plus passionnants, un auteur que son parcours a conduit du cinéma expérimental façon Stereo ou Crimes of the Future aux productions mainstream comme A History of Violence ou A Dangerous Method, sans qu'il y sacrifie ni l'audace ni la singularité de son art. Cette oeuvre protéiforme mais d'une rare cohérence, Fabien Demangeot (auteur précédemment de L'Imaginaire érotique d'Alain Robbe-Grillet) l'analyse dans un essai dense, où il l'envisage sous l'angle des transgressions -corporelles, sexuelles et enfin psychiques. S'ouvrant sur un truisme -" Le corps est, sans conteste, le thème majeur de son cinéma"-, l'ouvrage s'aventure dans la foulée en terrain fécond, passant la filmographie du maître canadien au scanner afin de travailler ses obsessions. Et de poser notamment que la multitude de corps mutants habitant ses films, de La Mouche à eXistenZ, métaphorisent " une sorte de fantasme universel de transgression des normes sociales". Ou que " Les corps altérés de Crash sont désexualisés pour mieux être resexualisés. Ils sont des supports fantasmatiques inédits pour des personnages perpétuellement en quête de renouveau", une autre antienne de l'oeuvre. Pour conclure en définitive à un travail qui serait " moins un cinéma corporel qu'un cinéma spirituel, qui utilise le corps pour mieux explorer la complexité de l'esprit humain", et à une oeuvre à l'image des êtres qui la peuplent, " ouverte à toutes les métamorphoses" . Vaste perspective, sur laquelle cet ouvrage apporte un éclairage pertinent.