"11h59"

Normalement, la place était pour eux. Avant que ne déboulent les Damso, et autres Roméo Elvis, les Bruxellois de la Smala auraient dû être les têtes de pont de la nouvelle vague hip-hop belge. Au lieu de ça, le groupe formé par Senamo, Seyté, FLO, Rizla et Shawn-h a semblé opérer une courbe rentran...

Normalement, la place était pour eux. Avant que ne déboulent les Damso, et autres Roméo Elvis, les Bruxellois de la Smala auraient dû être les têtes de pont de la nouvelle vague hip-hop belge. Au lieu de ça, le groupe formé par Senamo, Seyté, FLO, Rizla et Shawn-h a semblé opérer une courbe rentrante. Trois ans se sont ainsi écoulés depuis l'album Un cri dans le silence (qui avait alors bénéficié de la distribution de la major Sony). Le temps de voir la scène rap locale exploser de tous côtés. Toujours populaire, respectée par les nouveaux venus, la Smala est restée muette, comme coincée entre l'ancienne école et le new deal. C'est en tout cas ce que raconte, de manière assez monomaniaque, le nouveau 11h59. Le groupe en est bien conscient: c'est "maintenant ou jamais". Pour son retour, le crew balance donc entre trip nostalgique ( 10 ans), regrets plus ou moins assumés et séquences plus offensives ( "T'as à peine rappé dans ta chambre, que tu veux faire des clips (...) ils prennent un escabeau/pour décrocher la lune", glisse Senamo sur le morceau-titre). Les doutes sont partout ( "J'ai joué, j'ai échoué/et là, ça fait des mois/que l'espoir est mort/et qu'un par un, tous mes vieux rêves s'éloignent", raconte Seyté, sur Équilibre). Si 11h59 n'évite pas les ratages ( Sans nous), il démontre pourtant encore ici et là ( On avance seul) que la Smala peut tenir son rang, y compris quand il s'accroche à la modernité (l'excursion trap Toujours).