Il est des textes qui vous attrapent à la gorge. Attendez-vous précisément à cela avec ce roman décharné -128 pages- mais à la langue magnifiquement envenimée d...

Il est des textes qui vous attrapent à la gorge. Attendez-vous précisément à cela avec ce roman décharné -128 pages- mais à la langue magnifiquement envenimée de Ricardo Menéndez Salmón ( Medusa). Creusant la question du Mal, il la déploie cette fois en 1936 (avec la guerre civile très en arrière-fond), à Promenadia, village hostile aux étrangers. Un instituteur itinérant, vilipendé et à peine toléré, y assiste à une chasse à l'homme suite au meurtre sauvage d'une fillette. Plus que la culpabilité elle-même, ce sont les lâchetés de chacun et la vitesse à laquelle sont lancés -littéralement et symboliquement- les chiens sur l'innocence, sans autre forme de procès, qui, ici, épouvantent.