Un divan à Tunis

de Manele Labidi
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de Manele Labidi Les comédies restent une denrée rare en festival. Premier long métrage de Manele Labidi, Un divan à Tunis embrasse la réalité de la Tunisie de l'après-révolution d'un regard léger mais non moins (im)pertinent, sur les traces d'une psychanalyste (Golshifteh Farahani) de retour de Paris et bien décidée à installer son cabinet dans un quartier populaire de Tunis en dépit d'obstacles innombrables... d'Olivier Assayas À l'instar de Lou Ye avec l'élégant Saturday Fiction, le réalisateur de Sils Maria s'essaie au film d'espionnage dans Wasp Network. Soit l'histoire des Cuban Five, un réseau d'agents cubains ayant tenté d'infiltrer les groupes anticastristes de Miami dans les années 90. Et une oeuvre qui, pour apparaître un brin bancale par endroits, n'en vibre pas moins d'un enivrant parfum romantique. de Shannon Murphy Au départ d'un sujet éminemment casse-pattes -le portrait d'une adolescente frappée par une maladie à l'issue annoncée, mais retrouvant quelques couleurs au contact d'un dealer à la petite semaine-, une petite perle ultra-sensible préférant l'énergie vitale à l'excès de pathos. Soit la double révélation du festival: la réalisatrice australienne Shannon Murphy, digne disciple de Jane Campion, et l'actrice Eliza Scanlen, sensationnelle, et bientôt à l'affiche des Little Women de Greta Gerwig. de Pietro Marcello Des trois films italiens présentés en compétition, Martin Eden, de Pietro Marcello, est sans conteste celui à avoir le plus convaincu. Le réalisateur originaire de Caserta y propose une relecture fascinante de l'oeuvre de Jack London, sous la forme d'une rêverie traversant le XXe siècle comme pour mieux résonner aujourd'hui. Et révèle en Luca Marinelli, prix d'interprétation mérité, un comédien au charisme électrique. de Hirokazu Kore-eda Les précédents de réalisateurs asiatiques s'étant risqués à un film français (Hou Hsiao-hsien, Tsai Ming-liang, Kiyoshi Kurosawa, Hong Sang-soo...) avaient généralement déçu. Hirokazu Kore-eda conjure le sort avec La Vérité, une oeuvre inscrite dans la réalité hexagonale et même parisienne mais portant la griffe du maître nippon, fidèle à ses thèmes de prédilection: une famille dysfonctionnelle, et la relation parents-enfants... de Todd Phillips Birdman, Gravity, Three Billboards, The Shape of Water, First Man, A Star Is Born: Venise s'est imposée, depuis quelques années, comme la rampe de lancement idéale pour les productions américaines visant les Oscars. Confirmation cette année avec le Lion d'or octroyé à Joker, de Todd Phillips, une oeuvre revenant aux origines de l'ennemi intime de Batman, à rebours du tout-venant des films de super-héros saturant les écrans. Avec Joaquin Phoenix dans le rôle principal, le contraire eut été surprenant... de Dominik Moll Dominik Moll s'est imposé depuis Harry, un ami qui vous veut du bien, le film qui le révélait en 2000, comme le tenant d'un cinéma d'une stimulante étrangeté. Confirmation avec Seules les bêtes, polar à cinq voix se déployant entre les neiges du causse Méjean et Abidjan, un modèle de film de genre aussi tortueux qu'habilement conduit... de Noah Baumbach Indésirable à Cannes, Netflix garde la cote à Venise. Un an après le Lion d'or de Roma, deux nouvelles productions de la plateforme de streaming avaient les honneurs de la compétition: le décevant The Laundromat de Steven Soderbergh et Marriage Story de Noah Baumbach, chronique d'une séparation à laquelle Scarlett Johansson et Adam Driver confèrent densité et émotion. de Saeed Roustayi 6.5, c'est, en millions, le nombre de toxicomanes recensés en Iran, une statistique connaissant une croissance exponentielle. Et le contexte dans lequel Saeed Roustayi situe son premier long métrage, un mano a mano haletant entre un flic opiniâtre et un baron de la drogue, au coeur d'un polar tendu portant un regard acéré sur la réalité iranienne. de Tim Robbins À l'instar des frères Taviani dans Cesare deve morire, Tim Robbins investit, avec 45 Seconds of Laughter, le milieu carcéral, pour un documentaire passionnant retraçant les ateliers conduits par sa troupe de théâtre, The Actors' Gang, dans une prison de haute sécurité californienne. Un projet dont l'idée avait germé lorsque l'acteur-réalisateur tournait... The Shawshank Redemption, en 1994.