Dès sa première saison, La Méthode Kominsky s'est développée comme une sorte de sitcom tordant allègrement ses propres ficelles narratives en révélant l'arrière-cuisine de Hollywood. L'amitié acerbe entre Sandy Kominsky (Michael Douglas), ancienne gloire reconvertie en coach privé pour apprentis acteurs, et son ex-agent Norman Newlander (Alan Arkin) a été rythmée durant deux saisons p...

Dès sa première saison, La Méthode Kominsky s'est développée comme une sorte de sitcom tordant allègrement ses propres ficelles narratives en révélant l'arrière-cuisine de Hollywood. L'amitié acerbe entre Sandy Kominsky (Michael Douglas), ancienne gloire reconvertie en coach privé pour apprentis acteurs, et son ex-agent Norman Newlander (Alan Arkin) a été rythmée durant deux saisons par leurs échanges réciproquement peu amènes. Septuagénaires rabougris à l'énergie sémillante, ils devisent sur leurs primes années, les enfants, leurs familles dysfonctionnelles (la fille de Norman est une ex-junkie et son petit-fils un scientologue mal repenti), le monde comme il tourne (mal). Leurs chamailleries de vieux mâles blancs passaient plus souvent qu'à leur tour pour de vieilles aigreurs, écrites et rendues avec talent, et trahissaient une mutuelle tendresse. La nouvelle saison, plus courte, est amputée de Norman, décédé, mais dont le fantôme hante les discussions et les flash-back. Frappé par le deuil et la peur, Kominsky revoit sa méthode. Et sa philosophie du "faites ce que je dis pas ce que je fais": l'homme aime flirter avec de plus jeunes mais ne supporte pas que sa fille Mindy (Sarah Baker) soit avec Martin, de 20 ans son aîné. Ce dernier, joué par un méconnaissable et irrésistible Paul Reiser ( Whiplash, Stranger Things) débarqué la saison précédente, est un nouveau contrepoint comique et moral aux errements du vieux prof, par ailleurs secoué par le retour dans le jeu de quilles de son ex-femme Roz, pour qui l'immense Kathleen Turner rejoue sa part du duo de À la poursuite du diamant vert. Cette nouvelle saison est un léger pivot par rapport aux railleries et ficelles mascu des précédentes, les personnages féminins secouant plus que de coutume Kominsky sur ses bases. Il était temps, c'est la dernière.