de Felix van Groeningen. Avec Kenneth Vanbaeden, Koen De Graeve, Bert Haelvoet. 1 h 44. Dist: Lumière.
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de Felix van Groeningen. Avec Kenneth Vanbaeden, Koen De Graeve, Bert Haelvoet. 1 h 44. Dist: Lumière. C'était il y a tout juste 12 mois: invités surprise de la 62e édition du Festival de Cannes, Cowboy, Indien, Cheval et leurs camarades de Panique au village faisaient une entrée fracassante dans le Palais du festival, qu'ils avaient gagné au volant d'un tracteur (sic), rouge tapis comme il se doit... Un gag bien dans l'esprit du film, ovni dans le ciel cannois mais aussi dans le paysage du cinéma d'animation; un long métrage "tordboyautant", pour reprendre un néologisme de Noël Godin. Longtemps décliné en format télévisé, l'univers singulier de Stéphane Aubier et Vincent Patar prend une dimension nouvelle dans cette histoire au long cours, tournée en scope encore bien. Ayant oublié l'anniversaire de leur ami Cheval, Cowboy et Indien décident de lui offrir un barbecue. Initiative malheureuse, cependant, puisque une étourderie plus loin, les voilà passant commandes de millions de briques qui viendront plonger le village dans le chaos -l'on vous fait grâce ici des détails d'un scénario aussi abracadabrant que réjouissant, où il est encore question d'Atlantes, de savants fous, de la troublante Madame Longrée, etc. Autant dire que l'on tient là un monument d'humour délirant, un cocktail particulièrement speedé d'aventures loufoques et rock'n'roll assaisonnées de poésie décalée -pourrait-il en aller autrement d'un film dont les héros sont de petites figurines en plastique? Parmi les nombreux compléments du DVD, un tout bon making of qui prend les choses largement en amont, à savoir à l'époque où les auteurs étaient étudiants à la Cambre, avant de dessiner les contours de leur univers et du film, de nombreux témoignages et commentaires à l'appui. A voir également, Panique au village, le film d'études réalisé en 1991, qui préfigurait les créations à suivre. Un must... Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, La Merditude des choses allait marquer les esprits à plus d'un titre: de façon anecdotique, d'abord, à la faveur d'un happening cycliste et dénudé sur la Croisette; de façon plus fondamentale, ensuite, par les qualités incontestables d'un film qui voit le cinéma du nord du pays s'atteler à la chronique sociale. Adapté du roman homonyme de Dimitri Verhulst, La merditude... raconte l'histoire de Gunther Strobbe, gamin de 13 ans partageant, dans une petite ville flamande, l'existence de son père et de ses 3 oncles, autant d'ivrognes patentés doublés de glandeurs devant l'éternel. Un environnement chargé, donc, au c£ur duquel Gunther va tenter de trouver sa voie dans l'existence. Pas toujours exempte de misérabilisme, cette plongée dans un quotidien incertain n'en trouve pas moins les accents d'une incontestable vérité, mais aussi d'une irrésistible drôlerie, nourrie d'humanité et de tendresse. Le film est servi avec les "strobbitudes", un document passionnant où le réalisateur retrace l'ensemble du processus de création avec force détails, explications, et applications à l'écran. S'y ajoutent diverses anecdotes, d'une fraîcheur parfois toute relative, mais fidèles en cela au ton et à l'esprit d'une £uvre résolument décoiffante. l Jean-François Pluijgers