James Whale vient tout juste de réaliser Frankenstein quand il s'attaque, en 1932, à La Maison de la mort, adaptation d'un roman de J.B. Priestley également produite par un alors très en veine Carl Laemmle pour la Universal. Dédale (dé)structuré autour de la verticalité de ses escaliers, la vieille bâtiss...

James Whale vient tout juste de réaliser Frankenstein quand il s'attaque, en 1932, à La Maison de la mort, adaptation d'un roman de J.B. Priestley également produite par un alors très en veine Carl Laemmle pour la Universal. Dédale (dé)structuré autour de la verticalité de ses escaliers, la vieille bâtisse qui noyaute son glaçant récit horrifique y est envisagée comme un grand corps malade et, mieux, comme l'espace mental, symbolique, de toutes les déviances -celles de sa famille d'hôtes dégénérés qui préfigure déjà en un sens celle du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Le temps semble s'y dilater étrangement tandis qu'au-dehors la tempête fait rage, prétexte à un huis clos dominé par un Boris Karloff idéalement amidonné en majordome fou. Homosexuel affiché s'identifiant par le rejet qu'il suscite aux monstres qu'il met en scène, Whale ne signe pas encore là son chef-d'oeuvre - Bride of Frankenstein sortira en 1935- mais il s'en approche déjà avec un insolent talent, tout en jeu inquiétant sur les ombres portées. Inédit en Blu-ray, le film est proposé ici dans une nouvelle restauration 4K, et s'accompagne d'une paire de suppléments incontournables. Dans le premier, la fille de Boris Karloff, Sara, revient avec verve sur la carrière exceptionnelle de son paternel, tandis que le second s'attache à raconter comment cette ténébreuse Maison de la mort a pu être sauvée de l'oubli en vue de sa restauration.