JOSEF KOUDELKA, CENTRE POMPIDOU, À PARIS. DU 22/02 AU 22/05.
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JOSEF KOUDELKA, CENTRE POMPIDOU, À PARIS. DU 22/02 AU 22/05. Destin chahuté par l'Histoire et les nécessités intérieures que celui de Josef Koudelka (1938). Ce n'est qu'en 1984, seize ans après les faits, que le public met enfin un nom sur celui à qui l'on doit les images iconiques -publiées sous le pseudonyme P.P. pour "Prague Photographer" et primées par le prix Robert Capa- de la sinistre répression du Printemps de Prague. Avec son objectif, Koudelka n'a rien raté de l'agression perpétrée par les troupes du Pacte de Varsovie. Une exposition est programmée à la Hayward Gallery de Londres, elle sacre un talent tout sauf installé. Koudelka est apatride depuis 1970. Bien qu'ingénieur aéronautique, l'homme a toujours été fasciné par la vie de bohème, comme en témoigne son travail sur les Gitans en ex-Tchécoslovaquie et en Roumanie. Entre 1970 et 1980, Koudelka va errer sur les routes d'Europe. Cette décennie est considérée comme la plus inspirée de son oeuvre, elle constituera un corpus d'images, identifiées sous le nom d'Exils, qui connaîtra un succès d'estime sous forme d'ouvrage photographique. En 2016, ce photographe né en Moravie a fait don au Centre Pompidou de la totalité des 75 clichés qui le composent. À l'occasion de La Fabrique d'exils, le Centre Pompidou donne à voir 35 images essentielles de cette série culte. On connaît la célèbre phrase de l'intéressé, "On ne revient jamais d'exil", qui montre à quel point l'itinérance est chez lui un processus mental, un état d'esprit. Au fil des prises de vue, on suit sa trace, de l'Espagne à la Grèce, en passant par le Pays de Galles et les États-Unis. Aux images déjà vues s'ajoutent des instantanés inédits et des autoportraits touchants -entre autres celui où l'on découvre son couchage de fortune dans les bureaux de l'agence Magnum- permettant de remplir les cases vides. Celles qui empêchaient une compréhension globale du projet d'une authenticité totale. WWW.CENTREPOMPIDOU.FR M.V.