Sous l'intitulé "Banc d'essai", la saison 2017/2018 des Focus Nights (le rendez-vous mensuel des lecteurs de Focus à la Cinematek) propose de découvrir des premiers films venus d'horizons divers. Après Thunderbolt and Lightfoot de Michael Cimino, en mars, la séance du mois d'avril est ainsi consacrée aux débuts du cinéaste italien Bernardo Bertolucci, avec La Commare secca ("la Mort" en d...

Sous l'intitulé "Banc d'essai", la saison 2017/2018 des Focus Nights (le rendez-vous mensuel des lecteurs de Focus à la Cinematek) propose de découvrir des premiers films venus d'horizons divers. Après Thunderbolt and Lightfoot de Michael Cimino, en mars, la séance du mois d'avril est ainsi consacrée aux débuts du cinéaste italien Bernardo Bertolucci, avec La Commare secca ("la Mort" en dialecte romain, le titre français du film n'étant autre que La Camarde), long métrage réalisé en 1962. Le réalisateur parmesan, qui avait été l'assistant de Pasolini sur Accattone, s'inspire d'une histoire de ce dernier pour cosigner avec Sergio Citti le scénario d'un film s'ouvrant sur la découverte du corps d'une prostituée sur les rives du Tibre, à Rome, non loin du parc Paolino. Et la police de procéder à l'interrogatoire des suspects, le récit adoptant leurs points de vue successifs, dans une construction n'étant pas sans rappeler le Rashomon d'Akira Kurosawa. C'est toutefois surtout l'influence de Pasolini qui est à l'oeuvre dans ce film tourné en noir et blanc avec des non-professionnels, et qui, s'il montre la mort à l'oeuvre, s'érige aussi en chronique réaliste et inspirée d'une banlieue romaine et de ses marginaux au début des années 60. Le style de Bertolucci, âgé de 21 ans à peine au moment de La Camarde, est encore en germe, il ne tardera pas à s'affirmer, le cinéaste signant, deux ans plus tard, un premier classique à résonance autobiographique, Prima della rivoluzione. Après quoi il alignera, à compter de la fin des années 60, les chefs-d'oeuvre comme Le Conformiste, Le Dernier Tango à Paris ou Novecento, et jusqu'à la fresque monumentale du Dernier empereur. La séance sera introduite par un critique de Focus et se prolongera autour d'un drink.