Se souvient-on seulement des Grandes compagnies, ces bataillons de mercenaires s'engageant au service du roi, de l'empereur ou du seigneur le plus offrant, et errant entre deux guerres en vivant sur la populatio...

Se souvient-on seulement des Grandes compagnies, ces bataillons de mercenaires s'engageant au service du roi, de l'empereur ou du seigneur le plus offrant, et errant entre deux guerres en vivant sur la population, pillant et semant la terreur. Ces bandes sévirent du XIIe au XVe siècle, mais c'est au basculement du XVIe que Paul Verhoeven situe son film reconstituant moeurs et pratiques des Grandes compagnies. Il nous en fait suivre une, dont les membres veulent se venger d'un seigneur félon et s'abattent sur sa famille, sur son palais, en y causant exactions et climat de pur effroi. Sur fond de peste et de guerre, le cinéaste néerlandais dresse un tableau vivant des plus saisissants, à l'impact organique puissant. Son acteur fétiche, Rutger Hauer, trouve en Martin, le chef des mercenaires, un de ses plus grands rôles, dans un spectacle plein de bruit et de fureur, à redécouvrir sur une chaîne Arte dont on sait qu'elle apprécie Verhoeven.