One Love de Massive Attack, en ouverture, In a Different Place de Ride, ou I Wear Your Ring des Cocteau Twins, en son coeur: composée de choix tout sauf anodins, la bande-son de Plaire, aimer et courir vite restitue l'humeur et la couleur d'une époque: les nineties, relevées d'incursions dans les sixties ( One de Harry Nilsson) et autres 80's ( Dreams of Pleasure des Limbourgeois de Siglo XX). "Ce sont des disques que je n'ai ...

One Love de Massive Attack, en ouverture, In a Different Place de Ride, ou I Wear Your Ring des Cocteau Twins, en son coeur: composée de choix tout sauf anodins, la bande-son de Plaire, aimer et courir vite restitue l'humeur et la couleur d'une époque: les nineties, relevées d'incursions dans les sixties ( One de Harry Nilsson) et autres 80's ( Dreams of Pleasure des Limbourgeois de Siglo XX). "Ce sont des disques que je n'ai pas abandonnés, il en manque évidemment, mais j'avais cette culture-là, souligne Christophe Honoré. Avant l'album de Ride, il y avait eu celui de My Bloody Valentine, qu'il était de bon ton de préférer, mais moi, c'était Ride. Cars and Girls , de Prefab Sprout, je ne sais pas combien de fois j'ai écouté cette chanson à des moments où je pensais vivre un peu une histoire d'amour. Les La's, je n'ai laissé que la pochette, parce que c'était compliqué d'avoir les droits. Et puis, les Cocteau Twins... J'étais étudiant à Rennes, une ville très rock. J'ai le souvenir que le mercredi, pour moi, l'arrivée de nouveaux films sur les écrans était importante, je guettais les sorties et c'était un rendez-vous, mais la sortie des albums en était un autre."Ancrage rennais oblige, on relèvera encore, dans le jeu de références instruit par le film, une affiche de Philippe Pascal, ex-chanteur de Marquis de Sade, l'un des fleurons de la scène locale des années 80. "La musique a toujours été essentielle pour moi, glisse encore le réalisateur, et j'ai tout le temps essayé de l'accorder un peu à mon cinéma, dans les films musicaux que j'ai pu faire avec Alex Beaupain. Là, il ne s'agit pas du tout d'une comédie musicale, mais il y a beaucoup de séquences qui ne reposent que sur la musique. Et puis, il y a l'Ariodante (de Georg Friedrich Haendel) . Je savais qu'il serait risqué de suspendre la narration pendant presque six minutes avec cet air d'opéra, mais ça me semblait être le moment où il fallait essayer de capter quelque chose de l'intériorité de ce personnage. Il fallait qu'il se taise, qu'il arrête de parler, et pour ce faire, je l'ai obligé à écouter de la musique." En l'espèce, une lumineuse inspiration...