Après la tempête, le calme. Ou presque. Le festival du jeu vidéo indépendant de San Francisco, ce Sundance pixélisé, récompensait l'année dernière une foule de projets gaming introspectifs. Fils spirituel de Ken Loach, Richard Hoffmeyer y était ainsi couronné pour Cart Life, simulation économique en noir et blanc traitant de la crise US avec sensibilité. Difficile donc pour l'édition 2014 de rééditer un line up enluminé par l'aventure du changement de sexe de Dys4ia (d'Anna Anthropy) et par le lynchéen Kentucky Route Zero.
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Après la tempête, le calme. Ou presque. Le festival du jeu vidéo indépendant de San Francisco, ce Sundance pixélisé, récompensait l'année dernière une foule de projets gaming introspectifs. Fils spirituel de Ken Loach, Richard Hoffmeyer y était ainsi couronné pour Cart Life, simulation économique en noir et blanc traitant de la crise US avec sensibilité. Difficile donc pour l'édition 2014 de rééditer un line up enluminé par l'aventure du changement de sexe de Dys4ia (d'Anna Anthropy) et par le lynchéen Kentucky Route Zero. Les projets prometteurs crépitent pourtant à l'Independent Games Festival. Figurant parmi les premiers art games marquants du festival (en 2007), Samorost d'Amanita Design revient ainsi via un troisième épisode qui ne semble pas changer outre mesure l'équation de son premier point & click végétal et monty pythonesque. Nominés dans la catégorie Nuovo Awards, les Gantois de Tale of Tales traversent eux un tube métaphorique lié à la sensualité féminine via un rail shooter psychédélique dans Luxuria Superbia. Prenant également le parti du sexe dit faible, Perfect Woman Explorer démonte l'image de la femme parfaite. Ce jeu d'arcade dopé par le kinect demande ainsi d'adopter devant son téléviseur des poses symbolisant différents âges de la femme. Jouant également sur l'idée d'un corps en mouvement, Perfect Stride se profile lui comme un jeu de skateboard vu à la première personne farouchement novateur. Tapissé de graphismes polygonaux sous acides, le titre s'inspire ainsi de mouvements nés dans des FPS mythiques des années 90. Des sauts de Quake au surf de Counter Strike sont ici détournés pour caler des figures acrobatiques dans des skateparks impossibles. Un titre baigné de hip hop et d'électro dont on ne revient pas indemne. Explorant à son tour la décennie 90's via une 3D fluo, Jazzpunky injecte une bonne dose de grind movie pour une enquête déjantée sur fond de cyber crimes. Au-delà de ces excès visuels, le minimalisme enveloppe également des titres comme Drei, puzzle game minimaliste à la réalisation visuelle troublante. Comme Type: Rider (le jeu d'Arte), Device 6(des créateurs du formidable Year Walk) plonge égalementle gamer dans un univers épuré. Le tout pour une enquête dont les décors se tapissent de paragraphes, d'interlignes et de typographie astucieuse.Objectif: percer le mystère d'une île où deux châteaux cohabitent, sur fond de neuroscience (sic!). Scientifique jusqu'au bout du pixel, Extrasolar glisse enfin le joueur dans la peau d'un chercheur pilotant à distance un robot tout-terrain explorant la surface d'Epsilon Prime. Derrière ce titre générant (via le cloud) des paysages extraterrestres, l'idée de temps réel, omnipotent, se solde par une attente insoutenable. Les trajets de ce jeu traversé d'une conspiration corporatiste sont en effet calculés minute après minute. De quoi infliger au joueur de patienter une journée (le titre tourne alors en tâche de fond) avant d'atteindre sa destination. MICHI-HIRO TAMAÏ