Il n'y avait que Wes Anderson pour signer un film comme celui-là, concentré de son imaginaire débridé revisité à la mode nipponne. Neuf ans après le génial Fantastic Mr. Fox, Isle of Dogs voit le réalisateur texan renouer avec l'animation en stop motion (image par image), une technique taillée pour son univers maniériste. Située dans u...

Il n'y avait que Wes Anderson pour signer un film comme celui-là, concentré de son imaginaire débridé revisité à la mode nipponne. Neuf ans après le génial Fantastic Mr. Fox, Isle of Dogs voit le réalisateur texan renouer avec l'animation en stop motion (image par image), une technique taillée pour son univers maniériste. Située dans un futur proche, l'histoire a pour cadre Megasaki, métropole japonaise dirigée d'une main de fer par un maire corrompu, Kobayashi. Lequel, la ville étant prétendument menacée par une épidémie de grippe canine, ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la cité, expédiés sur une île dépotoir où ils sont promis à une mort certaine. C'est sans compter toutefois sur l'opiniâtreté de son fils adoptif, Atari, parti en catimini à la recherche de son fidèle Spots, entreprise hasardeuse dans laquelle il va recevoir le concours de cinq mâles alpha survivant dans la décharge, Chief, Rex, Duke, Boss et King... L'Île aux chiens est de ces films qui supportent allègrement une deuxième, voire une troisième vision, Wes Anderson intégrant brillamment la culture nipponne à son esthétique, citations et clins d'oeil à l'appui, tout en saturant chaque plan d'une multitude de détails. Soit, porté par une mise en scène inventive et virtuose, un foisonnant régal pour les yeux. Et un récit mené (littéralement) tambour battant, aventures échevelées dont l'on regrettera toutefois qu'elles manquent quelque peu de substance (n'était la lecture politique à laquelle l'histoire invite), tandis que l'émotion n'y filtre que sporadiquement... Pas de bonus.