" Merci pour Le Dernier Métro. C'est un film fin, racé, léger avec gravité, grave avec légèreté, merveilleusement éclairé par Néstor Almendros." C'est par ces mots que Bertrand Tavernier entamait le courrier qu'il adressait, en 1980, à François Truffaut, pour le féliciter de son nouveau film, Le Dernier Métro. Quarante ans plus tard, l'éloge n'a rien perdu de sa pertinence, la redécouverte de ce classique, le plus grand succès de son auteur avec plus de 3 millions de spectateurs en France et dix César, s'avérant pur enchantement. L'histoire se déroule dans un théâtre parisien so...

" Merci pour Le Dernier Métro. C'est un film fin, racé, léger avec gravité, grave avec légèreté, merveilleusement éclairé par Néstor Almendros." C'est par ces mots que Bertrand Tavernier entamait le courrier qu'il adressait, en 1980, à François Truffaut, pour le féliciter de son nouveau film, Le Dernier Métro. Quarante ans plus tard, l'éloge n'a rien perdu de sa pertinence, la redécouverte de ce classique, le plus grand succès de son auteur avec plus de 3 millions de spectateurs en France et dix César, s'avérant pur enchantement. L'histoire se déroule dans un théâtre parisien sous l'Occupation, le Théâtre Montmartre, dont le directeur, Lucas Steiner (Heinz Bennent), Juif allemand d'origine, a choisi, plutôt qu'un nouvel exil, de se cacher dans les caves, confiant les rênes de la prestigieuse maison à sa femme Marion (Catherine Deneuve). Et cette dernière de s'affairer à la préparation de La Disparue, production dont la mise en scène a été confiée à Jean-Loup Cottins (Jean Poiret), pour laquelle le théâtre accueille un jeune premier, transfuge du Grand Guignol, Bernard Granger (Gérard Depardieu). Les répétitions vont bon train, secrètement orientées depuis son abri par Steiner, dont Cottins n'est que le prête-nom. Marion, qui ne peut qu'à grand-peine dissimuler le trouble que suscite chez elle Granger, son partenaire à la scène, par ailleurs résistant, doit aussi composer avec la présence de l'occupant, qui souhaiterait réquisitionner les lieux, Daxiat (Jean-Louis Richard), un critique théâtral de la presse collaboratrice, ne manquant d'ailleurs pas de venir y fouiner... " Le Dernier Métro ne sera ni un film sur le théâtre ni un film sur l'Occupation, mais une histoire d'amour et d'aventures qui se déroule dans les milieux du théâtre pendant l'Occupation", affirmaient le cinéaste et sa coscénariste, Suzanne Schiffman. Et celle-ci s'avère de toute beauté, qui gravite autour d'une femme qu'aiment deux hommes, motif qui irriguait déjà Jules et Jim. Catherine Deneuve et Gérard Depardieu sont au sommet de leur art, et c'est un couple mythique de cinéma qui prend vie à l'écran -Claude Berri, Alain Corneau ou François Ozon sauront s'en souvenir. Réédité dans une superbe restauration 2K, le film bénéficie d'une large batterie de suppléments, de nombreuses interviews d'époque notamment, auxquelles l'édition Ultra Collector ajoute un ouvrage dirigé par Jérôme Wybon. L'occasion de découvrir les coulisses de la production, photographies de plateau, documents divers ou entretien avec François Truffaut pour le dossier de presse à l'appui. Un corpus fouillé que relèvent plusieurs éclairages contemporains, mais aussi une conversation complice avec Claude de Givray en prévision d'une autobiographie, où le cinéaste s'étendait longuement sur son enfance. Un must.