Ah, les objets! On les aime et on les déteste. On les aime quand il s'agit de se ruer sur le dernier gadget sans lequel notre cuisine ne serait pas complète; et on les déteste quand il s'agit de dénoncer le vil consumérisme et ses dérives infinies. Avouons-le: on pourrait rêver d'un rapport un peu...

Ah, les objets! On les aime et on les déteste. On les aime quand il s'agit de se ruer sur le dernier gadget sans lequel notre cuisine ne serait pas complète; et on les déteste quand il s'agit de dénoncer le vil consumérisme et ses dérives infinies. Avouons-le: on pourrait rêver d'un rapport un peu plus adulte aux bidules plus ou moins solides qui peuplent notre vie quotidienne. Jadis, Roland Barthes ou Jean Baudrillard s'y étaient intéressés -mais en sociologues ou en décodeurs de signes. Depuis quelques années, c'est au tour des historiens de s'y coller. Après Une histoire du monde en 100 objets de Neal McGregor (Les Belles Lettres, 2018) ou Le Magasin du monde, un collectif dirigé par Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre (Fayard, 2020), c'est au tour de notre compatriote Gil Bartholeyns et de son collègue Manuel Charpy de proposer un voyage en direction des objets techniques les plus apparemment familiers -et de ce qu'ils cachent d'enjeux et de réalités parfois peu ragoûtantes, mais aussi parfois encourageantes. Du grille-pain au vélo d'appartement, de la montre-bracelet à l'éclairage public, ce voyage constitue toutefois moins un catalogue qu'une introduction, élégante autant qu'érudite, à ce que Bartholeyns et Charpy appellent la " généalogie du quotidien". Autant qu'un savoir, on y gagnera la possibilité d'être un peu mieux inquiet au sujet de ces choses que nous aimons tant détester.