"La question n'est pas de savoir comment il peut y avoir de la poésie après des holocaustes, mais comment il peut y avoir des holocaustes après la poésie..." La voix est connue. Elle a chanté vouloir être notre chien mais là, pour le coup, elle incarne le Rien. Que nous dira...

"La question n'est pas de savoir comment il peut y avoir de la poésie après des holocaustes, mais comment il peut y avoir des holocaustes après la poésie..." La voix est connue. Elle a chanté vouloir être notre chien mais là, pour le coup, elle incarne le Rien. Que nous dirait-il s'il pouvait parler et comment le filmer? C'est la question étrange que s'est posée le cinéaste Boris Mitic. Le réalisateur serbe a réuni des images capturées pendant huit ans et selon ses directives par 62 complices. L'Autrichien Michael Glawogger (mort de la malaria lors d'un tournage au Liberia), le Russe Vitali Manski (directeur du festival Artdocfest à Moscou) ou encore l'Uruguayenne Alicia Cano... Sur une musique composée par Pascal Comelade et les Tiger Lillies, porté par le timbre inimitable et profond d'Iggy Pop, Mitic disserte. Philosophe. Frustré d'être incompris, imaginé comme un Clint Eastwood ou un Corto Maltese, le Rien prend la fuite et parcourt le monde pour convaincre de sa nécessité. Instants suspendus et magie du vide... Il parle en rimes. Son ton est sympathique, humoristique, cynique et optimiste. "Pratiquez le rien comme un fitness à la mode," prône le documentariste. Une réflexion pas toujours évidente à suivre mais dans laquelle on se laisse embarquer par le débit hypnotisant de l'Iguane et des images à la vacuité poétique.