Les clichés ont la vie dure. En particulier ceux qui touchent le continent africain. Un espace gigantesque souvent présenté sous un seul angle: celui des conflits récurrents, de l'instabilité politique, de la corruption généralisée et du sous-développement endémique. Il ne faut pourtant pas modifier beaucoup la focale pour voir l'Afrique autrement. À la traîne, le continent noir? Il est pourtant rempli de promesses d'avenir. Qu'elles tiennent de la scien...

Les clichés ont la vie dure. En particulier ceux qui touchent le continent africain. Un espace gigantesque souvent présenté sous un seul angle: celui des conflits récurrents, de l'instabilité politique, de la corruption généralisée et du sous-développement endémique. Il ne faut pourtant pas modifier beaucoup la focale pour voir l'Afrique autrement. À la traîne, le continent noir? Il est pourtant rempli de promesses d'avenir. Qu'elles tiennent de la science-fiction (le courant afrofuturiste) ou qu'elles soient au contraire ancrées d'ores et déjà dans la réalité -notamment dans le numérique, où la médecine connectée, le crédit en ligne et la musique digitale sont devenus des gestes complètement intégrés. Tout cela n'exclut pas la tradition. Mais voilà de quoi nuancer l'image encore trop répandue d'un continent à rebours de l'Histoire (voire carrément sans Histoire...). À cet égard, il faut saluer un événement comme le festival Africa is/in the future. Organisé par Point Culture, il aura lieu du 17 au 19 mai prochain, à Bruxelles. Il s'agit déjà de sa troisième édition, avec toujours comme ambition d'être "le miroir du futur de l'Afrique", en passant par l'arme de la fiction et de la culture, imaginant un avenir "décomplexé, où artistes de la diaspora et artistes du continent se croisent dans un imaginaire partagé".Preuve que la thématique est dans l'air du temps, le festival prend encore un peu plus d'ampleur cette année, en se dispersant notamment entre la Bellone, le cinéma Nova et Bozar. Au programme, pas mal de conférences -comme celle de la journaliste Sabine Cessou ("Oser inventer l'avenir"), de l'historien Amzat Boukari, spécialiste du panafricanisme ("Les nostalgies du futur"), ou encore, à Bozar, le débat autour de la "longue histoire d'amour entre musiques traditionnelles et urbaines". En outre, plusieurs discussions tourneront autour de l'afroféminisme -de la soirée "Black women in afrofuturism" au Nova, aux performances prévues dans le cadre de la série afrocyberféministes, initiée notamment par la Gaîté Lyrique, à Paris. Le tout n'excluant pas d'autres aspects plus festifs, de type concert (Guiss Guiss Bou Bess à Bozar) ou soirées électro (le Kenyan DJ Raph, au Nova). Le futur? C'est maintenant...