Dans La Ballade d'Ali Baba, Catherine Mavrikakis avait fait la part belle au père grec hâbleur. Cette fois, c'est la figure de la mère qui occupe le premier plan...

Dans La Ballade d'Ali Baba, Catherine Mavrikakis avait fait la part belle au père grec hâbleur. Cette fois, c'est la figure de la mère qui occupe le premier plan, alors même que l'autrice québécoise vient planter des fleurs sur sa tombe. Avec ce motif en guise de fil rouge (et ses acceptions métaphoriques: croître, fleurir, faner), elle construit ici cet hommage -non sans épines- comme une cueillette, au gré de ses souvenirs de cette figure maternelle qui lui refusait de " se pousser seule" et des ricochets qui font terreau (ses lectures du cinéaste Derek Jarman, notamment). Si la mélancolie s'enracine par endroits dans ce parterre intime et lettré, y germe aussi l'espoir vivace de pouvoir se réconcilier avec ses fantômes.