Julian Casablancas et son pote Stroke Fab Moretti (Little Joy), Adam Green, les Yeah Yeah Yeahs... Bon nombre de New-Yorkais aujourd'hui partent enregistrer voire s'installer à Los Angeles. Même Vampire Weekend, qui a pourtant mis en boîte son deuxième album, Contra, sur la côte est, prétend avoir sorti un disque californien. " On observe sur le plan artistique des déplacements massifs vers L.A. mais la première cause de migration, c'est le climat. Il ne faut pas aller chercher plus loin", commente Julian Gross.
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Julian Casablancas et son pote Stroke Fab Moretti (Little Joy), Adam Green, les Yeah Yeah Yeahs... Bon nombre de New-Yorkais aujourd'hui partent enregistrer voire s'installer à Los Angeles. Même Vampire Weekend, qui a pourtant mis en boîte son deuxième album, Contra, sur la côte est, prétend avoir sorti un disque californien. " On observe sur le plan artistique des déplacements massifs vers L.A. mais la première cause de migration, c'est le climat. Il ne faut pas aller chercher plus loin", commente Julian Gross. Pour ses Liars, bosser sur leur dernière plaque, Sisterworld, dans la Cité des Anges, toujours rongée par quelques démons, ce n'était pas un effet de mode, la recherche d'un quartier d'artistes ou une quête désespérée de soleil, c'était un retour au bercail. Une réappropriation de leur terrain de jeu. " Julian est né à Los Angeles et c'est là qu'on s'est rencontrés, qu'on a grandi, explique le grand échalas Angus Andrew, type vraiment charmant mais qu'on éviterait sans doute en changeant de trottoir si on venait à croiser sa route en pleine nuit. New York est en train de changer de visage, devient plus propre, plus gentil. Je ne parle pas de Manhattan, mais bien de Brooklyn ou Williamsburg. C'est très surprenant. Quand on y a débarqué en 1999, New York était excitant parce que sale et effrayant. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Pour retrouver ces sensations, il faut déménager, trouver un ailleurs..." Les Liars se sont ainsi installés à Berlin alors qu'ils ne parlaient pas un traître mot d'allemand. " Beaucoup pensaient que nous marchions sur les traces d'Iggy Pop, en quête de notre période berlinoise. Pourtant, pour nous, il s'agissait moins d'être à Berlin que de ne pas être en Amérique." De s'isoler, de perdre ses repères. Sisterworld, le nouveau Liars, n'a pas juste été enregistré dans la Cité des Anges. Il la raconte. Prenant le contre-pied de la gentrification. Contrairement aux idées reçues, Los Angeles ne se résume pas à Hollywood, ses acteurs et ses belles villas. " Il y a un décalage gigantesque entre la perception traditionnelle de la ville et sa réalité. De l'extérieur, les gens conçoivent toujours Los Angeles comme une sorte de paradis terrestre avec son soleil et ses stars. De l'intérieur, c'est une ville à plusieurs visages. La pauvreté est omniprésente, la criminalité en recrudescence. A travers cet album, on a cherché à confronter la vérité et l'idée qu'on s'en fait. Évidemment, comme partout, il y a des zones "désinfectées", aseptisées. Mais ce qui est intéressant, c'est qu'elles se font de plus en plus rares! En loupant une sortie d'autoroute à L.A., vous pouvez très vite vous retrouver dans des quartiers vraiment craignos. J'ai vécu dans de nombreux endroits et je peux jurer que Los Angeles est de loin l'un des plus effrayants." l www.liarsliarsliars.com Texte Julien Broquet