"Je pense que la féminité a été un peu sous-évaluée. Nous devons avoir notre propre travail et gagner de l'argent seules mais de retour à la maison, nous devons faire la cuisine, être des mères. Ce sont des valeurs que ma maman m'a inculquées. Et parfois, on a besoin d'un chevalier en armure. Je suis désolée. Un homme doit être un homme et une femme, une femme. Il n'y a que comme cela qu'une relation peut fonctionner." Avec ses récentes déclarations au Harper's Bazaar, Kirsten Dunst a fait le tour de la blogosphère ces dernières semaines et sacrément énervé les féministes en tous genres.
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"Je pense que la féminité a été un peu sous-évaluée. Nous devons avoir notre propre travail et gagner de l'argent seules mais de retour à la maison, nous devons faire la cuisine, être des mères. Ce sont des valeurs que ma maman m'a inculquées. Et parfois, on a besoin d'un chevalier en armure. Je suis désolée. Un homme doit être un homme et une femme, une femme. Il n'y a que comme cela qu'une relation peut fonctionner." Avec ses récentes déclarations au Harper's Bazaar, Kirsten Dunst a fait le tour de la blogosphère ces dernières semaines et sacrément énervé les féministes en tous genres. Drôle de coïncidence. Dunst est à l'affiche de The Two Faces of January (lire également page 10), adaptation d'un roman du même nom de Patricia Highsmith. Une écrivaine qui a publié sa première nouvelle en 1944 dans le fameux magazine américain et a signé en 1952, avec The Price of Salt, le premier roman homosexuel (féminin pour la petite histoire) à connaître un dénouement heureux. "Le personnage que j'incarne est fort différent de celui du livre, dans lequel Colette est quasiment nymphomane", nous expliquait Dunst, regard et sourire malicieux, pendant le tournage, dans sa loge, entre les claps. "Je ne sais pas comment elle va être perçue. Comme quelqu'un de fort? De faible peut-être? Je ne suis pas sûre que les spectateurs l'aimeront. Mais plus que cette femme, c'est l'histoire de The Two Faces of January qui m'a attirée dans un premier temps. Parfois, tu mourrais pour jouer un rôle, donner vie à quelqu'un: là, j'ai vraiment été séduite par le scénario. L'un des meilleurs que j'ai lus depuis longtemps." Le fait que ce soit le premier long métrage en tant que réalisateur pour Hossein Amini ne l'a pas refroidie. "Il a signé le script, c'était plutôt rassurant." La présence de Viggo Mortensen l'était également. "Viggo est un acteur très intelligent. Il a souvent le nez fin et particulièrement bon goût. Je ne pense pas qu'il s'agissait d'un projet à risque. D'ailleurs, il n'est, selon moi, pas difficile pour un bon film de trouver un public. " Née le 30 avril 1982 dans le New Jersey au sein d'une famille aisée d'origine allemande (elle possède depuis 2011 la double nationalité), Kirsten Dunst a grandi sur les plateaux et sous les feux des projecteurs. Elle joue dans des publicités dès l'âge de trois ans. Fait sa première apparition (non créditée) au cinéma à six dans le volet réalisé par Woody Allen de New York Stories, le film à sketches coréalisé par Martin Scorsese et Francis Ford Coppola. Et travaille comme mannequin notamment pour l'agence Ford durant toute son enfance en enchaînant les rôles au petit et au grand écran. Révélée dans Entretien avec un vampire de Neil Jordan (elle a devancé 5000 autres candidates), qui lui vaut un premier baiser de cinéma avec Brad Pitt et une nomination aux Golden Globes à seulement douze printemps, elle étincelle en adolescente rebelle et désespérée dans le Virgin Suicides de Sofia Coppola, enchaîne des comédies ado et achève de tisser sa toile dans le show-business en incarnant la petite amie de Spider-Man. En 2002, c'est dans la peau de Mary Svevo, employée par une boîte effaçant les souvenirs, qu'elle se glisse pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind... "Je voulais à tout prix jouer dans ce film quand j'en ai lu le scénario mais j'ai eu du mal à convaincre Michel (Gondry, ndlr), se souvient-elle. Il prétendait que j'étais trop jeune pour le rôle. Blablabla... Je ne sais pas ce qui l'a convaincu. A l'époque d'ailleurs, il continuait de maintenir qu'il ne voulait pas de moi pour ce personnage mais au final, il était très content. En même temps, je venais de jouer dans Spider-Man. J'ai donc amené ma valeur financière avec moi... " Hôtesse de l'air qui aide un designer de chaussures de sport à reprendre goût à la vie dans Rencontre à Elizabethtown de Cameron Crowe (elle était déjà passée à deux doigts d'incarner Penny Lane dans Almost Famous), Dunst semble inséparable de Sofia Coppola et la retrouve pour Marie-Antoinette. Elle jouera d'ailleurs encore son propre rôle de star cambriolée dans The Bling Ring (2013)... Blessée par les critiques (pour Marie-Antoinette, notamment), elle envisage de se faire plus rare au cinéma et lance avec sa maman sa société de production Wooden Spoon. Référence aux cuillères en bois que sa grand-mère utilisait pour la garder dans le rang quand elle était petite. Fragilisée, elle entre en 2008 en clinique au Cirque Lodge Rehab non pour lutter contre une dépendance aux drogues ou à l'alcool mais pour surmonter une dépression. Ce qui pousse Lars von Trier à l'embaucher avec le succès que l'on sait: le prix d'interprétation féminine à Cannes pour Melancholia. Un peu rockeuse sur les bords -elle batifole un temps avec le chanteur de Razorlight, joue dans un clip de REM, pour son ami et voisin Michael Stipe-, Dunst se veut aussi engagée et a réalisé en 2008 Why Tuesday?, un documentaire pour pousser les Américains à aller voter. Une étrange étape de plus dans un définitivement drôle de parcours... TEXTE Julien Broquet