"No Home Record"

Après l'effondrement de son couple et la séparation de Sonic Youth (huit ans déjà), Kim Gordon a publié ses mémoires ( Girl in a Band), regoûté aux joies de l'art plastique, participé à une biennale itinérante (Manifesta), exposé pour la première fois ses peintures en France et joué des petits rôles au cinéma pour Gus Van Sant ( Don't Worry, He Won't Get Far on Foot) et dans une série HBO ( Animals). L'ex-femme de Thurston Moore n'en a pas pour autant délaissé la musique. Elle a d'ailleurs fondé deux duos. L'un, Body/Head, avec Bill Nace. L'autre, Glitterbust, en compagnie de l'artiste surfer Alex Knost (Tomorrows Tulips, Japanese Motors). La fille de Los Angeles ne dégaine cependant qu'aujourd'hui, à 66 ans, son premier album solo. Relation privilégiée avec la Belgique? Si Thurston semble pratiquement désormais habiter à Saint-Gilles, abonné qu'il est aux Ateliers Claus, Kim a adressé avec le titre de son premier disque en solitaire un petit hommage à la regrettée Chantal Akerman. No Home Movie était un film sur la mère de la réalisatrice bruxelloise. Sa mère qui n'était plus. No Home Record parle de la poursuite des utopies et évoque Los Angeles, où Kim réside désormais, l'éphémère de l'endroit qui donne parfois l'impression de ne jamais vraiment être chez soi. Produit par Justin Raisen (Angel Olsen, John Cale, Yves Tumor), pas si expérimental que ses projets annexes et que ceux de son ex-mari, ce disque marqué par le hip-hop est radical. Rêche. Minimaliste. Sans concession. il renvoie au temps où Gordon composait avec une guitare, une boîte à rythmes et des slogans publicitaires glanés dans les magazines. La preuve qu'on peut vieillir dans le rock sans se ramollir ou devenir une caricature de soi-même. Ses plus intéressantes aventures et son meilleur album post-Sonic Youth...

Distribué par Matador.

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