Inspiré de faits réels, Judas and the Black Messiah adopte la forme d'un polar vintage pour retracer les circonstances qui devaient conduire, dans la nuit du 4 décembre 1969, à l'assassinat, à Chicago, de Fred Hampton, jeune leader des Black Panthers abattu dans son sommeil par les nervis du FBI. Tout commence quelques mois plus tôt, par l'arrestatio...

Inspiré de faits réels, Judas and the Black Messiah adopte la forme d'un polar vintage pour retracer les circonstances qui devaient conduire, dans la nuit du 4 décembre 1969, à l'assassinat, à Chicago, de Fred Hampton, jeune leader des Black Panthers abattu dans son sommeil par les nervis du FBI. Tout commence quelques mois plus tôt, par l'arrestation pour vol de voiture et utilisation frauduleuse d'un badge de "fédé" de Bill O'Neal (LaKeith Stanfield), un malfrat sans envergure. Et de se voir contraint par un agent du FBI, Roy Mitchell (Jesse Plemons), d'infiltrer la section chicagolaise du Black Panther Party, pour surveiller les faits et gestes de Hampton (Daniel Kaluuya), mission périlleuse dont l'informateur s'acquitte avez zèle, tout en ne semblant pas insensible aux idéaux portés par Hampton. Lesquels ont le don de crisper toujours plus J. Edgar Hoover (Martin Sheen), le tout-puissant patron du Bureau, soucieux d'éviter à tout prix l'émergence d'une figure charismatique -un Messie noir- au sein de la communauté afro-américaine. S'il a l'efficacité narrative éprouvée des films d'infiltrés, Judas and the Black Messiah fait aussi oeuvre politique, Shaka King saluant, à travers le portrait en miroir de ses deux protagonistes principaux, l'action d'un Hampton qui se définissait comme révolutionnaire et prolétaire, s'attachant à fédérer différentes minorités au sein de la Rainbow Coalition. Non sans éclairer, si besoin, les méthodes du FBI. Et de dénoncer avec vigueur le racisme pavant l'Histoire américaine, propos dont l'urgence ne s'est point démentie, et porté ici par un casting en béton, LaKeith Stanfield et Daniel Kaluuya en tête...