"Nuit"

Aussi soudé soit-il, le collectif L'Entourage ( lire ci-contre) a aussi permis la naissance d'individualités fortes. Derrière une esthétique a priori bien balisée, chacun a ainsi réussi à tracer son propre chemin musical. Tel est le cas de Jazzy Bazz. Deux ans après un premier véritable album solo ( P-Town), il rev...

Aussi soudé soit-il, le collectif L'Entourage ( lire ci-contre) a aussi permis la naissance d'individualités fortes. Derrière une esthétique a priori bien balisée, chacun a ainsi réussi à tracer son propre chemin musical. Tel est le cas de Jazzy Bazz. Deux ans après un premier véritable album solo ( P-Town), il revient avec Nuit, disque épatant de bout en bout, affirmant toujours un peu plus sa voie toute personnelle. Celle-ci tient notamment dans une sorte de spleen nocturne, rappé à fleur de bitume, du Crépuscule à Cinq heures du matin. À cet égard, ils ne sont pas si nombreux à décrire aussi bien le vague à l'âme, les débordements et autres sentiments contrastés que charrie la nuit. Jazzy Bazz le fait avec un rap moins old school que "classic", osant de plus en plus une musicalité affranchie de tous les codes. À côté de l'électronique grésillante d' El Presidente (" Je me demande souvent si un xénophobe à l'étranger se déteste"), il fait suer la basse et couiner la guitare sur Sentiments, tandis que des titres comme Buenos Aires - Paris ou Minuit balisent une soul de fin de soirée. Sur Parfum, il se contente d'une guitare quasi bossa et d'une trompette lointaine pour évoquer l'adolescence et les années qui passent. Cohérent de bout en bout, Nuit a non seulement la mélancolie capiteuse, mais aussi l'audace de se présenter comme un véritable album, et non pas une suite de titres décousus. "Tous les soirs, je fuis ma peine, j'attends que la nuit m'appelle", rappe Jazzy Bazz. L'excès en toutes nuits...