On l'avait apprécié devant la caméra, dans Le promeneur du Champ-de-Mars ou dans Le Petit lieutenant, dans Le Voyage en Arménie ou dans ce formidable Ressources humaines qui lui a valu -en 2001- le César du meilleur espoir masculin. Jalil Lespert s'est ensuite illustré dans la mise en scène avec un premier long métrage remarqué, 24 mesures. A l'heure où sort Des vents contraires, sa seconde réalisation, nous lui avons demandé ce qui le motivait à cumuler deux métiers dans le cinéma. " ...

On l'avait apprécié devant la caméra, dans Le promeneur du Champ-de-Mars ou dans Le Petit lieutenant, dans Le Voyage en Arménie ou dans ce formidable Ressources humaines qui lui a valu -en 2001- le César du meilleur espoir masculin. Jalil Lespert s'est ensuite illustré dans la mise en scène avec un premier long métrage remarqué, 24 mesures. A l'heure où sort Des vents contraires, sa seconde réalisation, nous lui avons demandé ce qui le motivait à cumuler deux métiers dans le cinéma. " Réaliser un film, c'est une histoire d'amour. Qui dure trois ans, souvent, comme celles de Beigbeder. C'est de l'amour passion, avec ce grand plus qui est qu'on a le droit d'être inconstant, puisque tous les trois ans il faut tomber amoureux d'un nouveau projet (rire) !" Pour Des vents contraires, il y eut tout d'abord un flirt vite interrompu voici quelques années, quand Lespert craqua pour le roman d'Olivier Adam Poids léger, pour s'apercevoir qu'il n'aurait pas les moyens d'en acheter les droits d'adaptation. Jean-Pierre Améris signa (fort bien) le film, mais le contact avec le romancier fut entretenu à travers un court métrage inspiré d'une de ses nouvelles, et un rapport amical, avant qu'Adam prenne l'initiative de faire lire son nouveau livre à celui dont l'expérience de cinéaste, acquise entretemps, faisait à ses yeux " la bonne personne" pour l'adapter avec lui. " Le livre m'a beaucoup ému, et puis j'étais content de faire un film qui ne parte pas de moi et de mes préoccupations existentielles, ce qui n'intéresserait probablement pas grand monde...", sourit Jalil Lespert, évoquant " une distance saine qui est la distance de travail". " Je n'ai pas voulu réaliser des films pour montrer mon nombril, mais par admiration pour ces cinéastes qui, comme Clint Eastwood, peuvent tout raconter!", explique celui qui n'est pas venu vers le cinéma par vocation. " Je n'y pensais pas du tout, je faisais des études de droit. Et je suis devenu acteur un peu par hasard, par opportunisme aussi, car c'est cool et plutôt bien payé. Alors j'ai lamentablement abandonné le droit et j'ai pris un agent (rire) !" Pas du tout attiré par le théâtre (" le texte y prend trop de place"), aimant " la série de sprints que représente un tournage", Jalil avait un problème: " Si j'adorais tourner, je m'ennuyais ferme entre les films. Alors comme j'avais à l'époque 10 000 francs (1) à dépenser, et que les Danois venaient de lancer leur Dogme (avec Les Idiots, Festen ), je me suis acheté une caméra, j'ai pris un ingénieur du son qui sortait de la Femis (fameuse école de cinéma parisienne, ndlr ) et j'ai fait un film en impro, avec mes copains comme interprètes, le temps d'un week-end..." Ce premier court métrage lui ayant donné envie d'en faire un autre, Lespert est devenu réalisateur à mi-temps, tout en poursuivant par ailleurs sa trajectoire de comédien. " J'aime le rythme de la réalisation, conclut-il, car c'est un rythme de rencontres, à toutes les étapes du processus, et avec un côté touche-à- tout qui me plaît énormément." l (1) ENVIRON 1 500 EUROS LOUIS DANVERS