DE OLIVIER NAKACHE ET ERIC TOLÉDANO. AVEC OMAR SY, FRANÇOIS CLUZET, ANNE LE NY. 1 H 52. DIST: IMAGES & VISIONS.
...

DE OLIVIER NAKACHE ET ERIC TOLÉDANO. AVEC OMAR SY, FRANÇOIS CLUZET, ANNE LE NY. 1 H 52. DIST: IMAGES & VISIONS. Quatrième long métrage du tandem Olivier Nakache/Eric Tolédano, Intouchables aura donc constitué l'événement cinématographique 2011 -en termes de succès populaire s'entend. Un coup d'£il à la page Wikipédia du film est à cet égard édifiant, qui ajoute aux 19 millions de spectateurs français, et au million de Belges, les 8 millions d'Allemands, 2 millions d'Italiens et à peine moins d'Espagnols, sans même parler des 5142 Roumains qu'aura fait vibrer l'histoire de Philippe et Driss. De quoi, d'ores et déjà, faire du film la sortie non anglo-saxonne la plus rémunératrice de l'Histoire -une aubaine, en tout état de cause, pour l'association Simon de Cyrène, dont le générique précise qu'elle perçoit 5 % des bénéfices. Et une histoire toujours en cours d'ailleurs, avec une sortie américaine prévue fin de ce mois, et un remake produit par Harvey Weinstein à suivre à échéance plus ou moins lointaine, qui verrait Colin Firth reprendre le rôle de François Cluzet. A ce stade, et à l'instar des Ch'tis il y a quelques années, on ne parle plus de cinéma mais bien de phénomène de société, Intouchables ayant assurément su s'inscrire dans l'air du temps. Soit un "feel good movie" orchestrant la rencontre des contraires à travers la relation qui s'ébauche entre Philippe (Cluzet, impeccable comme de coutume), aristocrate lettré qu'un accident de parapente a laissé tétraplégique, et Driss (Omar Sy, pas en reste sur ce coup-là), banlieusard au passé trouble qu'il engage comme aide à domicile, au titre qu'il est le seul à ne pas l'avoir considéré avec pitié. Démarrant (littéralement) sur les chapeaux de roue, le film va ensuite remonter le fil de leur complicité naissante, alignant, comme à la parade et avec un sens incontestable du rythme et de la comédie, les situations émouvantes ou cocasses. Le label "inspiré d'une histoire vraie" en étendard incontestable, Intouchables déploie ainsi sa mécanique imparable de conte de fées moderne. Si timide commentaire social il y a, il s'estompe sous une volonté consensuelle affichée, le film ployant par ailleurs sous une avalanche de bons sentiments. Cela, sans faire pour autant l'économie de l'un ou l'autre détour caricatural, bien dans l'air du temps -voir ainsi la scène de l'opéra, ou celle de l'exposition, où les auteurs ne reculent certes devant aucun cliché, l'initiation musicale nous valant pour sa part le pas de danse d'Omar Sy qui a fait fureur aux César. Cela étant, voilà qui n'ôte rien à la générosité du propos, pas plus qu'à la drôlerie objective de l'ensemble, qui se regarde avec un plaisir certain en définitive... Côté compléments, et contrairement à l'édition double sortie en France, c'est le vide abyssal: rien, nada. On présume que les boni fleuriront avec les fêtes, période propice, on le sait, aux bonnes intentions. l JEAN-FRANÇOIS PLUIJGERS