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Divers "Boombox 1: Early Independent Hip Hop, Electro and Disco Rap 1979-82" DISTRIBUÉ PAR SOUL JAZZ/V2. 8 Si les Last Poets, fondés en 1968, revendiquent sa paternité et s'il saute à la gorge du monde en 1982 avec The Message de Grandmaster Flash puis un an plus tard avec le Planet Rock d'Afrika Bambaataa, le rap s'impose dans les ghettos afro-américains et latinos de New York au beau milieu des années 70. Un DJ aux platines pour le son. Un MC, "Master of Ceremony", au micro pour l'animation. Les textes rimés remplacent vite les onomatopées. Et le verbe anglais to rap signifiant "débiter vite", "parler de manière accélérée" semble avoir été inventé pour qualifier ce nouveau mode d'expression. Il faut attendre 1979 et la sortie du Rapper's Delight du Sugarhill Gang bâti sur la trame du Good Times de Chic, pour que s'immortalise sur disque cette véritable révolution. Boombox, la nouvelle compilation maousse costaud du label Soul Jazz, devenu depuis longtemps spécialiste de la réédition et référence mondiale de l'archive musicale, que ce soit en matière de reggae, de dub, de soul vintage, de vieille électro, de punk archaïque, d'afro beat ou de bossa jazz, plonge dans la culture des block parties et des jams sur le pavé. Il remonte au temps où, pour faire la fête, on fermait sa rue avec des barrières de sécurité et branchait les éclairages et la sono sur un lampadaire... Où le rap ne vendait pas des caisses, ne bougeait pas les masses et restait une affaire de petits labels indépendants et familiaux. Boombox 1 (vous l'aurez compris, elle constitue le premier volet d'une nouvelle série de compiles) se focalise sur cette première génération de rappeurs. En 1982, The Message marquera la fin de cette ère joyeuse et insouciante. Pavant gentiment la route à l'esthétique contestataire des Public Enemy et autre Niggaz With Attitude. Mais à l'époque, le rap est innocent et optimiste. Le crack n'a pas encore débarqué pour dévaster la communauté. Les gamins dans le vent veulent faire danser les gens et n'ont d'autres ambitions que l'amusement. Tandis que dans le South Bronx naît un nouveau son basé sur le mix et le scratch, dans les studios de Harlem, où se trouvent la plupart des infrastructures et producteurs, on rappe sur des live bands. Pas de DJ ou de sample. Les labels de rap appartiennent alors à des producteurs afro-américains de rhythm and blues et des musiciens sont en studio avant de se faire damer le pion par l'évolution technologique. Les premiers disques de rap embrassent aussi le disco ignoré dans le Bronx où on lui préfère le funk de James Brown. Du Positive Life de Love Bug Star Ski & the Harlem World Crew au Boogie Feelin' Rap de Sweet G en passant par le Move Your Body de Bramsam, Boombox raconte en une quinzaine de titres aux vibes irrésistibles les débuts d'une domination planétaire... Toujours très didactique, Soul Jazz accompagne la musique d'un livret de 40 pages rassemblant historique, artworks originaux et photos inédites. Put your hands in the air... JULIEN BROQUET