C'est l'histoire d'une des régions les plus pauvres d'Europe devenue capitale mondiale du clubbing. Celle d'un endroit jadis paradisiaque où le son des basses a remplacé celui des cigales. Île des plaisirs? Temple de la fête? Expérimentation vivante de l'utopie? Ibiza a été un peu tout ça à la fois. Surprenant, léché, quasi muet ...

C'est l'histoire d'une des régions les plus pauvres d'Europe devenue capitale mondiale du clubbing. Celle d'un endroit jadis paradisiaque où le son des basses a remplacé celui des cigales. Île des plaisirs? Temple de la fête? Expérimentation vivante de l'utopie? Ibiza a été un peu tout ça à la fois. Surprenant, léché, quasi muet mais over rythmé, le documentaire de Julien Temple raconte cette île trois fois plus petite que Londres. Les dadaïstes, les seins nus, les bains de minuit. Le premier night-club dans un moulin désaffecté et le refuge pour les officiers de la Gestapo en cavale. Puis les hippies, l'ecstasy et l'amour chimique. La réinvention en Miami européen pour gens friqués. Les marginaux et les vagabonds qui font place à la jet-set. Ibiza: The Silent Movie ne s'attarde pas cependant que sur l'île où Sid Vicious a grandi fin des années 60 tandis que sa mère dealait dans les bars et où Elmyr de Hory est devenu l'un des plus célèbres faussaires au monde. Il se penche sur 2 000 ans d'Histoire. Il revient sur la formation des lieux, remonte jusqu'à la vie des Phéniciens et des Maures... S'il est parfois monté tel un muet de Chaplin, cet étrange objet audiovisuel qui mêle extraits de films, images d'archives et reconstitutions historiques ressemble moins à un documentaire qu'aux clips promotionnels ultra soignés de Tomorrowland... Gérée par Norman Cook, alias Fatboy Slim, qui y a mixé pendant 30 ans, la musique (électronique même si s'y invitent Primal Scream et les Dandy Warhols) joue un rôle évidemment déterminant sur "le plus bruyant film muet jamais réalisé". À essayer. Par curiosité...