Le travail du Français Antwan Horfee (Paris, 1983) fait couler pas mal d'encre en ce moment. Depuis le 20 février dernier, l'artiste présente Gigamaku au Palais de Tokyo. Expérience immersive hallucinante et hallucinée, la proposition fait pénétrer le visiteur dans un environnement aux contours psychédéliques de " mirage mouvant". La force de ce projet souvent présenté comme autant de " rêveuses créations rythmiques tridimensionnelles"? Son habile inscription dans le temps. Comme le dit l'intéressé, "Gigamaku suit le cycle d'une journée, du lever du soleil au surgissement de la nuit". Envie de retrouver la palette de couleurs et la dynamique de cette oeuvre pas comme les autres? Bonne nouvelle, dès le 11 mai, la galerie PLUS-ONE de Berchem fait place à I'm the Glue, exposition au propos passionnant en ce qu'elle conjugue toiles, dessins, films, installations, projections, techniques analogiques des années 70 et applications de réalité virtuelle ultramodernes. Au centre de la démarche? Un goût prononcé pour l'urgence -sans doute cueilli dans la rue où Horfee a fait ses premiers pas en pratiquant le tag- doublé d'une inclinaison pour les assemblages hétéroclites -ceux-ci constituent sa signature visuelle et tendent à rapprocher sa peinture de la réalité virtuelle. L'oeil avisé ne manquera pas de constater que le dessin est omniprésent, ne serait-ce qu'à travers une fascination assumée pour les films d'animation vintage nippons. Tout un programme donc, que l'on recommande chaudement de découvrir au moment de l'Antwerp Art Weekend (du 16 au 19 mai). L'occasion sera belle pour prendre à la fois la température de la galerie de Jason Poirier dit Caulier qui ne déroge pas à sa réputation iconoclaste, tout autant que pour appréhender l'univers mental d'un plasticien qui n'a pas fini de faire parler de lui.

Antwan Horfee, PLUS-ONE Gallery, 58+ Sint-Hubertusstraat, à 2600 Anvers. Du 11/05 au 16/06.