Réalisateur américain d'origine libyenne qui ne se destinait aucunement au cinéma horrifique, Don Coscarelli n'a encore que 22 ans, et deux modestes longs métrages à son actif, quand il se lance sur foi d'une heureuse intuition dans la confection de Phantasm, premier du nom. Nous sommes alors en 1976, et il faudra attendre la toute fin de la décennie pour que voie enfin le jour ce futur classique de l'horreur seventies truffé d'idées zarbies: nains zombies réduits en esclavage, sphères d'acier foreuses de crânes, doigts tranchés métamorphosés en insectes voraces... Loi...

Réalisateur américain d'origine libyenne qui ne se destinait aucunement au cinéma horrifique, Don Coscarelli n'a encore que 22 ans, et deux modestes longs métrages à son actif, quand il se lance sur foi d'une heureuse intuition dans la confection de Phantasm, premier du nom. Nous sommes alors en 1976, et il faudra attendre la toute fin de la décennie pour que voie enfin le jour ce futur classique de l'horreur seventies truffé d'idées zarbies: nains zombies réduits en esclavage, sphères d'acier foreuses de crânes, doigts tranchés métamorphosés en insectes voraces... Loin de la rigueur d'un Wes Craven ou d'un John Carpenter, Coscarelli y excelle dans la création d'un univers à part entière, étrange, mouvant, au surréalisme glacé carburant à la logique du cauchemar éveillé. Compensant son manque patent de moyens par un goût marqué pour le mystère, le film invente surtout une galerie de personnages hauts en couleur destinés à marquer au fer rouge les imaginaires. À commencer par le Tall Man, bien sûr, immense fossoyeur spécialisé dans le conditionnement des cadavres et leur convoyage vers une autre dimension. De 1979 à 2016, ce croquemitaine digne des Freddy Krueger, Jason Voorhees ou autre Michael Myers traversera cinq productions Phantasm, toutes réunies ici,sous les traits de l'inimitable Angus Scrimm, aujourd'hui disparu. Plus solennel et désenchanté, plus gore et frontal, mais aussi beaucoup plus drôle que son prédécesseur, Phantasm II (1988) instaure une logique de road-movie post-apocalyptique à la Mad Max, ainsi qu'une tradition de l'intermède salace, que confirmeront les trois films suivants, au twist final toujours abrupt: Phantasm III (1994) et son ersatz de Grace Jones armée d'un nunchaku flanquée d'un ingénieux gamin tueur, Phantasm IV (1998) et ses velléités de voyage dans le temps, Phantasm V (2016), enfin, seul épisode du lot non-réalisé par Don Coscarelli mais fidèle à ses acteurs et à ses obsessions. Long métrage documentaire bourré d'anecdotes, bêtisier, scènes coupées, visite guidée sur les lieux du crime, interviews, commentaires avisés de spécialistes et autres aficionados... Le coffret collector Blu-ray, somptueux, concocté par l'éditeur français Sidonis Calysta se veut on ne peut plus exhaustif, qui propose encore, outre une remasterisation en 4K supervisée par la société de production de J. J. Abrams lui-même, un bouquin exclusif -un vrai!- de plus de 150 pages signé par Marc Toullec: Le Droit à l'horreur. L'ancien collaborateur de Mad Movies et Studio Ciné Live y documente en détails la genèse et le destin hors-norme d'une saga dont le slogan matriciel, imparable, n'a pas pris une ride: "Si ça ne vous fait pas peur, c'est que vous êtes déjà mort!"