T.C. Boyle envisage la décadence des dérèglements climatiques et des enjeux technologiques de demain. Revenant à la forme courte qu'il affectionne, l'Américain rassemble des nouvelles piquées de causticité et de tendresse mélancolique. Ici, un père et sa fille obnubilés par leur ...

T.C. Boyle envisage la décadence des dérèglements climatiques et des enjeux technologiques de demain. Revenant à la forme courte qu'il affectionne, l'Américain rassemble des nouvelles piquées de causticité et de tendresse mélancolique. Ici, un père et sa fille obnubilés par leur nouvelle console, la Box, permettant de revivre le passé par projection rétinienne. Là, un conjoint sommé par sa compagne de passer commande d'un enfant modifié. " Avoir un enfant, c'était comme aller chez le concessionnaire et sélectionner les options à ajouter au modèle de base. Le sexe, à notre époque, n'avait plus qu'une fonction récréative; les bébés étaient conçus dans les laboratoires." Prolongeant le geste de la série d'anthologie Black Mirror, Boyle embras(s)e un futur dystopique où la révolution informatique entraîne nombre de bouleversements sociaux et affectifs. De nouvelles races génétiquement modifiées fleurissent comme autant de gadgets high-tech: on achète le dernier "chatchien" à la mode ou la greffe d'une augmentation cyberpunk. Au gré de vagues d'inondations voire d'années de sécheresse où les milices de l'eau patrouillent dans les rues, Boyle renoue avec une veine écologiste, où anticipation et fantastique font bon ménage. Pour les humains, c'est beaucoup moins sûr...