On n'est jamais mieux servi que par ses pairs. C'est à travers la bande dessinée -la mal-aimée de la littérature- que Xavier Dollo, auteur de SF français, tente de sortir la science-fiction du vortex de mépris dans lequel elle est reléguée. Ce mépris émane généralement d'une élite bien-pensante qui oublie que le sous-genre trouve son origine dans L'Odyssée d'Homère, q...

On n'est jamais mieux servi que par ses pairs. C'est à travers la bande dessinée -la mal-aimée de la littérature- que Xavier Dollo, auteur de SF français, tente de sortir la science-fiction du vortex de mépris dans lequel elle est reléguée. Ce mépris émane généralement d'une élite bien-pensante qui oublie que le sous-genre trouve son origine dans L'Odyssée d'Homère, que Savinien de Cyrano de Bergerac a écrit en 1655 Histoire comique des États et Empires de la Lune et que le premier livre (comme le plus récent d'ailleurs) récompensé par le prix Goncourt est également issu du genre en question! L'auteur, dont c'est la première incursion dans le monde de la BD, convie le lecteur néophyte à un parcours chronologique et lui fait découvrir la multitude de facettes qu'enferme le label "littérature de l'imaginaire". Il décrit quelques faits importants qui redonnent au genre ses lettres de noblesse. Prenant de l'altitude, il replace la SF dans l'Histoire mondiale de la littérature en la sortant du ghetto dans lequel on l'a trop vite enfermée et parle des mécanismes qui ont abouti à cet enfermement. Il démontre de manière habile l'omniprésence et l'importance de la science-fiction dans la vie de tous les jours. En dehors du contexte de l' entertainment, Dollo rappelle qu'à la base de toutes les nouveautés technologiques, il y a un geek qui a lu Jules Verne, Isaac Asimov ou William Gibson. Et qu'inversement, bon nombre de collapsologues et autres lanceurs d'alerte adoptent le genre pour décrire les travers de nos sociétés malades. Seule ombre au tableau, Dollo prend le risque, en faisant le choix de la bande dessinée, de ne prêcher que des convaincus, le médium ayant également encore quelques difficultés à se défaire de pas mal d'a priori...