"Blurred"

Il y a quelques semaines, alors que le Covid-19 faisait basculer l'Europe dans le confinement (quasi) généralisé, Haring se retrouvait lui-même coincé à Istanbul. Un comble pour le producteur basé à Bruxelles, qui avait justement calmé sa bougeotte pour enregistrer son second album. Tr...

Il y a quelques semaines, alors que le Covid-19 faisait basculer l'Europe dans le confinement (quasi) généralisé, Haring se retrouvait lui-même coincé à Istanbul. Un comble pour le producteur basé à Bruxelles, qui avait justement calmé sa bougeotte pour enregistrer son second album. Trois ans après In Spaces, Yann Attia de son vrai nom, s'est en effet posé pour composer le nouveau Blurred. Lui qui avait l'habitude de puiser son inspiration dans le mouvement et le déplacement a décidé cette fois de travailler de chez lui. Ce qui n'a pas empêché celui qui dirige également le label City Tracks de multiplier les collaborations par ailleurs (que ce soit avec Monolithe Noir, le projet collectif Gangue, etc.). Album solo, Blurred n'est d'ailleurs lui-même pas tout à fait solitaire -l'Anglais Gabriel Stebbing chante sur Disappearing et la voix de Marc Melià est passée au vocoder sur Eternity. Disque domestique, il n'est pas davantage un disque casanier, encore moins statique. Démarrant avec une intro bourdonnante intitulée... Ensemble, Blurred mélange rêveries quasi kraut ( Curves), techno euphorique ( Community), échappée house ( Rare Moments) et tentatives quasi pop ( Disappearing). Le point commun étant ce travail précis et soigné sur les textures sonores. De quoi combler les amateurs de musique électronique sensible, sentimentale par moments, rappelant par exemple Rone ou Moderat.