2019 est l'année de la commémoration de la révolution islamique iranienne. À Paris, une institution comme le Bal en profite pour inviter la photographe Hannah Darabi, Iranienne basée désormais dans la capitale française, à ressortir les livres qu'elle a imaginés à l'époque. Ceux-ci sont emblématiques de ces temps incertains dont les ondes de choc ont engendré un véritable boom éditorial. L'initiative est d'autant plus louable que Darabi entretient un lien fort avec le livre d'artiste, en particulier celui qui met l'environnement urbain au centre de son propos. Difficile dans ce contexte de ne pas vouloir en apprendre davantage sur cette plasticienne. Fort opportunément son site fait le point sur plusieurs de ses "projets" regroupés sous l'onglet du même nom. On se prend d'affection pour Neuköln "Heroes", déambulation conceptuelle sur les traces de David Bowie à Berlin au moment de son séjour dans la capitale allemande -c'est là qu'il a enregistré Heroes, deuxième opus de sa trilogie berlinoise, alors qu'il n'en pouvait plus de Los Angeles. On apprécie également Unreal City, série d'images qui donne à voir des constructions non achevées dans différents pays du monde à la façon d'une sorte de degré zéro de l'architecture et de la géolocalisation. Fascinant.

www.hannahdarabi.com