"Paradise"

Le Bruxellois Hamza a toujours été un cas à part. À l'heure où le rap made in Belgium a appris à miser sur ses spécificités et son accent local pour se faire une place dans le paysage francophone, il est l'Américain. On a commencé par le comparer à Young Thug. On le rapproche aujourd'hui davantage d'un Travis Scott. Mais dans tous...

Le Bruxellois Hamza a toujours été un cas à part. À l'heure où le rap made in Belgium a appris à miser sur ses spécificités et son accent local pour se faire une place dans le paysage francophone, il est l'Américain. On a commencé par le comparer à Young Thug. On le rapproche aujourd'hui davantage d'un Travis Scott. Mais dans tous les cas, Hamza a toujours assumé sa fascination pour le rap US, réussissant à la sublimer, notamment grâce à une disposition assez unique à dégoupiller la ligne mélodique qui fait mouche. Il sort aujourd'hui ce qui est présenté comme son "véritable" premier album. De là à imaginer qu'Hamza allait en profiter pour redéfinir sa ligne de conduite, il n'y avait qu'un pas... que le rappeur évite soigneusement de franchir. Paradise n'élargit pas la palette, il l'affine. Sans surprise, Hamza continue de privilégier la forme au fond (au programme, principalement, des histoires de love et de rancunes, entre amoureux transi et salaud bas du front, n'évitant pas, comme sur Deep Inside, certaines phrases "questionnables"...). Musicalement, cependant, le rappeur en met plein les oreilles. Avec le fidèle Ponko comme principal maître d'oeuvre, le "Saucegod" flotte sur chacune des productions, taillées au cordeau. Invitant notamment le camarade SCH ou la hit-maker Aya Nakamura, le Bruxellois file un rap-r'n'b hyper léché, parvenant à transformer le sample le plus usé (James Brown sur 50x), ou à investir une scie pop eighties ( Everybody's Got to Learn Sometime des Korgis), accompagné de Christine & The Queens et Oxmo Puccino. Un coup de maître.